Les gérants d’actifs sont toujours friands de titrisations en Europe
Selon les analystes de BoA Merrill Lynch, ils constituent encore la plus grosse part des investisseurs. Mais ils pourraient réduire la voilure
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Solenn Poullennec
Les gestionnaires d’actifs figurent aujourd’hui parmi les premiers investisseurs en titrisation, mais ils pourraient bientôt se désengager. C’est le constat que dressent les analystes de Bank of America Merrill Lynch après avoir analysé la base d’investisseurs des transactions récentes, toutes classes d’actifs confondues.
«Les gestionnaires d’actifs dominent aujourd’hui l’univers d’investissement mais de plus en plus, ils devront sortir les titrisations ABS des fonds qu’ils gèrent pour les assureurs ou les fonds de pensions», expliquent-ils.
De fait, la directive Solvabilité 2 qui va encadrer à partir du mois de janvier 2014 les compagnies d’assurance européennes devrait les décourager d’investir dans ce segment. Les analystes espèrent cependant que des titrisations seront plus favorisées par des aménagements accordés aux assureurs, comme la «matching premium». Même si les discussions sur le futur cadre prudentiel ne sont pas tout à fait terminées, les assureurs ont déjà pris acte de l’entrée en vigueur prochaine de la régulation.
Ainsi, pour l’émission d’ABS auto par Athlon Group pour 400 millions d’euros (Highway 2012-1), les fonds de pension et assureurs ne représentaient que 8% des investisseurs, selon les données d’IFR Markets, utilisées par BoA Merrill Lynch. Pour l’émission de RMBS par la filiale britannique de Santander (via Fosse Master Issuer plc 2012-1), les assureurs ne représentaient que 10% des acheteurs.
Même si les experts de la titrisation s’inquiètent aussi des conséquences de Bâle 3 pour le secteur, «la part des banques dans la base d’investisseurs a augmenté après avoir chuté et devrait se stabiliser autour d’un tiers des nouvelles émissions», avancent les spécialistes de BoA Merrill Lynch. «Nous doutons que la sortie d’une ou deux banques change quelque chose dans le futur», ajoutent-ils.
Les analystes se félicitent du retour des entités supranationales (comme les banques de développement) et des agences publiques. Par exemple, pour l’émission de RMBS par Allied Irish Bank via Tenterden Fundin, ces dernières constituaient 9,5% des acheteurs. Cependant, ils ne préjugent pas de la durée de ce mouvement.
Enfin, sans surprise, les investisseurs américains et britanniques restent les plus actifs, au contraire des investisseurs européens. Un mouvement qui pourrait s’expliquer par le volume relativement faible d’émissions en euros.
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