Les fonds spéculatifs mènent le jeu de l’activisme des actionnaires américains
Selon SharkWatch, le nombre de campagnes menées par des actionnaires mécontents a progressé de 17 % l’an dernier, à plus de 500
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Benoît Menou
Les actionnaires se plaisent à faire toujours davantage entendre leur voix et respecter leurs droits. La revue menée à ce sujet aux Etats-Unis au titre de l’exercice 2007 par SharkWatch se révèle ainsi exemplaire. L’entité de recherche spécialisée au sein de FactSet a ainsi observé une progression de 17 % outre-Atlantique du nombre de campagnes lancées par des actionnaires activistes à l’encontre de directions d’entreprises jugées insuffisamment aptes à externaliser toute la valeur que recèle leur groupe. SharkWatch a ainsi dénombré 501 actions l’an dernier, contre 429 en 2006.
Le sujet, parfois seulement sous-jacent, de mécontentement est toujours le même, à savoir naturellement l’optimisation d’un investissement boursier. Les turbulents actionnaires peuvent plaider pour un changement de contrôle, une mise en vente de filiales, ou un retour accru aux actionnaires par le biais d’un rachat de titres ou de dividendes. Nombre des investisseurs concernés ont une optique « value », identifiant des sociétés à la capitalisation sous-évaluée. Les voies pour dynamiser le cours de Bourse de leur proie ne manquent pas.
Pour le responsable du cabinet de recherche, John Laide, pas de doute, les fonds spéculatifs sont à l’origine de ce bouillonnement. Il estime d’ailleurs « qu’il y en a tellement, (qu’) ils doivent se montrer actifs en termes de génération de performance ». Ainsi, poursuit-il, « il y a beaucoup de fonds en chasse d’un nombre restreint d’opportunités ». Cité par Reuters, John Laide anticipe d’ailleurs une poursuite de l’amplification du phénomène cette année, sur la base notamment des grandes incertitudes planant sur les marchés boursiers, favorisant l’activisme. En termes de secteurs concernés, la finance et les biens de consommation ont occupé les premiers rangs, avec respectivement 13 et 10 % des actions observées.
Qui plus est, les actions engagées ont davantage encore en 2007 pris un aspect formel, par le biais d’un nombre jamais atteint de demandes de vote de résolutions dans le cadre d’assemblées générales.
Par ailleurs, plus de la moitié des campagnes initiées l’an dernier, 54 % selon SharkWatch, ont comporté comme moyen d’offensive une lettre adressée à la direction du groupe visé et rendue publique. Une manière efficace pour attirer l’attention de l’ensemble des actionnaires.
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