Les fonds souverains s’engagent à ne point se mêler de politique
Henry Paulson et les représentants des fonds de Singapour et Abu Dhabi ont convenu de principes de base, soutenant les travaux de l’OCDE et du FMI
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Benoît Menou
Soyez les bienvenus. Mais ne vous piquez pas de politique. Tel est l’avertissement formellement et cordialement lancé hier par le Secrétaire d’Etat au Trésor américain, Henry Paulson. Il recevait des représentants des Gouvernements de Singapour et d’Abu Dhabi, ainsi que des fonds emblématiques des deux pays, Abu Dhabi Investment Authority (Adia) et Government of Singapore Investment Corp (GIC). Il s’agissait de discuter aimablement des engagements mutuels et des bonnes pratiques à respecter par chacun, investisseur ou pays d’accueil.
Henry Paulson n’a pas manqué de rappeler son soutien, et celui de ses invités du jour, aux initiatives lancées par le FMI et l’OCDE afin de définir un cadre de bonne conduite. « Nous avons un intérêt commun pour un système financier international ouvert et stable » a précisé Henry Paulson. Soit, le responsable américain plaide pour l’ouverture, tout en souhaitant en définir les règles de base.
En premier lieu, les décisions d’investissement des fonds ne devront être guidées que par des intérêts commerciaux et ne devront pas soutenir les « intérêts géopolitiques » des Gouvernements. Ces derniers devront stipuler formellement ce principe au sein de documents rappelant leur politique d’investissement de base. Les investisseurs devront par ailleurs s’engager à davantage de transparence, concernant notamment l’objet de leurs placements ou l’information quant à la tenue de leur portefeuille : allocation d’actifs ou taux de rendement, notamment. Tout cela, aux yeux d’Henry Paulson, pour « réduire l’incertitude des marchés financiers » et « bâtir la confiance ». Pour davantage encore de respect mutuel, les fonds devront mettre en place une gouvernance transparente et des systèmes des contrôle interne et de gestion du risque opérationnel adéquats. Enfin, les fonds devront respecter les règles de la concurrence envers les acteurs du secteur privé.
Pour autant, pour la bonne mesure, la déclaration n’élude pas la question des engagements de la part des pays qui sont la cible des investissements. Ils ne devront pas « ériger des barrières protectionnistes », mettront en place des règles claires et « prévisibles », et ne se montreront pas « discriminants » envers quelque investisseurs que ce soit. Les bonnes intentions évoquées par le Trésor américain écartent également toute immixtion dans les choix de gestion des investisseurs et avancent que le spectre de menace à la sécurité nationale, un thème utilisé de façon récurrente ces dernières années outre-Atlantique, ne doit être brandi qu’à bon escient.
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