Les fonds de pension réfléchissent à réinternaliser une partie de leur gestion

Selon une étude réalisée par State Street, 81% des fonds de pension seraient prêts à emprunter cette voie afin de réaliser des économies.
Julien Beauvieux

Face à un environnement financier dans lequel la recherche de rendement est toujours plus difficile, les grands fonds de pension réfléchissent de plus en plus à augmenter la part des actifs qu’ils gèrent en interne, selon une étude réalisée par State Street et The Economist Intelligence Unit. Menée auprès 134 cadres supérieurs de l’industrie venant de 15 pays, l’étude publiée ce mercredi relève ainsi que 81% des sondés envisagent une telle évolution dans les trois ans à venir, la proportion étant légèrement plus marquée dans la zone Amérique (84%) qu’en Europe (77%).

La motivation centrale des sondés demeure la gestion des coûts, 29% d’entre eux estimant que la justification des frais de gestion demeure un «challenge».

«Le coût est un facteur important mais notre recherche montre également que les fonds de pension souhaitent avoir une meilleure vision de la performance globale ajustée du risque», nuance Oliver Berger, responsable des initiatives de marchés stratégiques pour la région EMEA chez State Street. «La tendance à la réinternalisation est seulement un des éléments d’un changement de dynamique, et il existe aussi de nouvelles opportunités pour les gérants d’actifs capables de construire des solutions originales pour les fonds de pension», complète John Bolton, responsable du «thought leadership» pour la région EMEA.

Plus de la moitié des fonds de pension interrogés (53%) projettent ainsi d’avoir davantage recours aux stratégies d’investissement passives, jugées plus efficientes en termes de coût. Plus aisées à gérer en interne, elles libéreraient à l’inverse davantage de ressources pour des classes d’actifs alternatives plus rémunératrices mais nécessitant également davantage de compétences. «Le défi d’un environnement de taux d’intérêts très bas est constamment cité comme un des enjeux majeurs», souligne Oliver Berger.

Ainsi 60% des fonds de pension interrogés souhaitent augmenter leur allocation dans le private equity. Suivent ensuite les portefeuilles de prêts (54%), l’immobilier (45%) et les infrastructures (39%). Alors que plusieurs fonds de pension ont annoncé ces derniers temps leur retrait de hedge funds, ces derniers sont pourtant cités par 29% des répondants, dont 25% y feraient dans les prochaines années leur premier investissement.

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