«Les fondamentaux du marché high yield nous apparaissent solides»
Christophe Auvity, responsable global corporate credit de BNP Paribas Investment Partners
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Patrick Aussannaire
- L’Agefi : Le marché high yield est-il en crise?
- Christophe Auvity : Non, le high yield n’est pas en crise. Il a été chahuté cet été avec des interrogations sur la croissance économique qui ont entraîné des réajustements de portefeuille. Les valorisations ont donc baissé, sous la pression notamment de sorties forcées de hedge funds. Cette réduction de risque a eu lieu et les facteurs techniques sont aujourd’hui plus équilibrés. L’autre élément a été une succession de mauvaises nouvelles sur quelques sociétés – dont le défaut inattendu de Phones4U - qui ont été pénalisées sévèrement par le marché. Cette vigilance retrouvée des investisseurs high yield est une bonne chose, et elle crée également des opportunités en cas de sur-réaction. Néanmoins, les fondamentaux du marché high yield nous apparaissent solides et il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. D’autant que la remontée des défauts n’est pas à l’ordre du jour.
- La «fuite vers la qualité» explique-t-elle seule la résistance du segment «investment grade»?
- L’investment grade nous semble toujours bien positionné avec des attentes stables sur les taux longs et la perspective d’une liquidité accrue en provenance de la BCE. Néanmoins, l’aversion pour le risque sur le segment high yield nous paraît extrême. Il suffit d’observer le ratio de spread entre la catégorie B et BB, qui à près de 2 fois est à un plus haut depuis plus de dix ans. Nous pensons qu’à un horizon de douze mois, ce différentiel pourrait se rapprocher de sa moyenne de long terme à 1,5 fois. Il faudrait pour cela que les gérants délaissent un peu la sécurité des obligations notées BB pour s’aventurer sur les meilleurs dossiers des B. C’est ce que nous faisons actuellement.
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