«Les fondamentaux du marché high yield nous apparaissent solides»
- L’Agefi : Le marché high yield est-il en crise?
- Christophe Auvity : Non, le high yield n’est pas en crise. Il a été chahuté cet été avec des interrogations sur la croissance économique qui ont entraîné des réajustements de portefeuille. Les valorisations ont donc baissé, sous la pression notamment de sorties forcées de hedge funds. Cette réduction de risque a eu lieu et les facteurs techniques sont aujourd’hui plus équilibrés. L’autre élément a été une succession de mauvaises nouvelles sur quelques sociétés – dont le défaut inattendu de Phones4U - qui ont été pénalisées sévèrement par le marché. Cette vigilance retrouvée des investisseurs high yield est une bonne chose, et elle crée également des opportunités en cas de sur-réaction. Néanmoins, les fondamentaux du marché high yield nous apparaissent solides et il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. D’autant que la remontée des défauts n’est pas à l’ordre du jour.
- La «fuite vers la qualité» explique-t-elle seule la résistance du segment «investment grade»?
- L’investment grade nous semble toujours bien positionné avec des attentes stables sur les taux longs et la perspective d’une liquidité accrue en provenance de la BCE. Néanmoins, l’aversion pour le risque sur le segment high yield nous paraît extrême. Il suffit d’observer le ratio de spread entre la catégorie B et BB, qui à près de 2 fois est à un plus haut depuis plus de dix ans. Nous pensons qu’à un horizon de douze mois, ce différentiel pourrait se rapprocher de sa moyenne de long terme à 1,5 fois. Il faudrait pour cela que les gérants délaissent un peu la sécurité des obligations notées BB pour s’aventurer sur les meilleurs dossiers des B. C’est ce que nous faisons actuellement.
{"title":"","image":"81650»,"legend":"Panel Cr\u00e9dit»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
La Fed passe son tour, Jerome Powell aussi
La Réserve fédérale américaine maintient ses taux inchangés mais conserve un « biais accommodant ». Jerome Powell restera gouverneur de l'institution pour une durée indéterminée à la fin de son mandat de président. -
Les prix du gaz naturel européen redeviennent une préoccupation
Les cours de l’énergie ont à nouveau bondi mercredi après des informations selon lesquelles le président Donald Trump aurait demandé à ses conseillers de se préparer à un blocus prolongé de l’Iran. Un décalage d’un mois ne serait pas dramatique pour les prix du gaz européen. Un décalage de deux mois pourrait en revanche changer le calendrier de reconstitution des stocks, et causer un cercle vicieux pouvant ramener les cours TTF au-dessus de 100 euros/MWh. -
L'érosion des frais d'investissement s'accentue
Selon l’Autorité des marchés financiers, les coûts des placements poursuivent leur repli en 2025. Une dynamique portée par la gestion indicielle et la montée des acteurs à bas coût. -
Michelin confirme ses objectifs 2026
En dépit de facturations en recul au 31 mars, pénalisées par les changes, le fabricant de pneumatiques anticipe toujours une génération de cash-flow libre avant acquisitions supérieure à 1,6 milliard d'euros en 2026. -
Le Parlement change de braquet contre la fraude fiscale
Un accord trouvé en commission mixte paritaire ouvre la voie à un arsenal renforcé contre la fraude fiscale, et élargit les obligations déclaratives en matière de lutte anti-blanchiment à de nouveaux acteurs. -
Bitstack veut devenir le compte principal de ses clients
La fintech française, spécialisée dans l’épargne en bitcoin, veut offrir à ses clients dans les prochains mois un compte en euros avec un IBAN français. Elle a levé 15 millions de dollars en décembre dernier.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Action-réactionCéline Calvez (EPR) : « L’audiovisuel public sera une problématique incontournable de la prochaine présidentielle »
La députée macroniste, vice-présidente de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, revient sur le rapport de Charles Alloncle et dévoile la contribution que va déposer son groupe -
Fait minoritairePrésidentielle : les candidats s'inquiètent déjà de leur future majorité
Dans un entretien à l'AFP, Marine Le Pen estime qu'il serait préférable de gagner face à Edouard Philippe plutôt que Jean-Luc Mélenchon, pour revendiquer une victoire de choix et non de rejet. Une façon de jouer l'apaisement alors que certains craignent de ne pas disposer d'une majorité pour gouverner -
Vieille lune« Démarchandisation » : Boris Vallaud, marchand de rêves
Le rival d'Olivier Faure au PS, Boris Vallaud, tente de renouveler les idées de la gauche. Son concept de « démarchandisation » passe à côté de nombreux problèmes économiques et sociaux de la France