Les familles françaises envisagent de s’endetter malgré un environnement incertain
L’Observatoire des crédits aux ménages ne signale pas non plus de ralentissement de la demande de prêts au cours des trois derniers mois de 2007
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Annelot Huijgen
Même si les ménages français jugent que le poids des charges de remboursement de leur crédit s’est alourdi en 2007, cette détérioration est le signe «d’une surréaction à la dégradation de leur environnement économique général», estime l’Observatoire des crédits aux ménages, l’ancien Observatoire de l’endettement des ménages. En effet, «la réalité objective» du poids des charges rapporté aux revenus est «stable», ajoute l’Observatoire dans sa vingtième étude annuelle. De plus, «la demande reste solide», car de nombreux ménages envisagent d’ores et déjà d’avoir recours au crédit dans les six prochains mois : 5,8 % des familles envisagent de souscrire un crédit immobilier, contre 5,1% pour un crédit à la consommation. «Sur les trois derniers mois de 2007, la production a également été en hausse, malgré la crise sur les marchés financiers», souligne Michel Mouillart, professeur d’Economie à l’université de Paris X-Nanterre.
L’année dernière, près de 14 millions de ménages (52 %) détenaient un crédit. Ce «taux de diffusion de l’endettement», comme le désigne l’Observatoire, atteint «un des niveaux les plus élevés depuis 1989» : en progression par rapport aux 50,9 % de 2006, il culmine à un niveau comparable à celui de 1989 et 2001, «des années de haute conjoncture», précise Michel Mouillart. Tandis qu’une famille sur trois avait demandé de la trésorerie supplémentaire pour consommer, 30,6 % des ménages l’ont utilisée pour acheter un bien immobilier. Plus d’un ménage sur dix avait souscrit les deux crédits à la fois. Dans le cas de quelque 7,2 millions de ménages, il s’agissait d’un crédit nouveau, la production ayant progressé plus rapidement, à plus de dix millions de crédits.
«Rompant avec les évolutions des années précédentes», les ménages de 65 ans et plus n’avaient jamais fait aussi largement appel au crédit, notamment pour consommer : 26 % de ces ménages étaient endettés, contre 16 % il y a vingt ans. «Ces personnes ont eu accès au crédit dans les années 70 et ont conservé leurs habitudes», estime Michel Mouillart. En revanche, les moins de 30 ans recourent de moins en moins aux crédits à la consommation (36,8 % contre 40,4 % en 2006) et s’alignent sur le «modèle d’endettement» des ménages plus âgés (33,2 %). Près d’un jeune ménage sur cinq a demandé une aide financière pour accéder à la propriété, soit le «taux le plus élevé en vingt ans».
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