Les faiblesses française et allemande accroissent les défis de la zone euro

Moody’s a encore abaissé ses prévisions de croissance pour la France et craint pour la volonté de discipline budgétaire en Europe
La Rédaction

Moody’s insiste. Deux semaines après une première révision, l’agence de notation a encore abaissé ses perspectives pour la France. Elle réagit à la publication la semaine dernière d’un PIB stable au deuxième trimestre ayant contraint le gouvernement à diviser par deux sa prévision de croissance et à abandonner son objectif de déficit. Moody’s table sur 0,5% cette année, comme le gouvernement, contre 0,6% auparavant, et sur 0,9% pour l’an prochain contre 1,3%. «L'échec à atteindre les objectifs et les révisions (des prévisions) illustrent les défis persistants auxquels est confrontée la zone euro et mettra encore à l'épreuve la volonté politique de l’union monétaire d’imposer la discipline budgétaire dans un environnement économique difficile», redoutent surtout les analystes de Moody’s. Selon eux, une nouvelle autorisation faite à la France de reporter ses objectifs budgétaires «serait un facteur négatif pour la note de crédit de la zone euro».

La Bundesbank a également perdu en confiance. «Après la stagnation au deuxième trimestre, la zone euro cherche à redémarrer, mais pas au rythme que prédisaient au printemps beaucoup d’analystes», écrit la banque centrale allemande dans son rapport mensuel publié hier. Les économistes de la Buba s’inquiètent notamment des «tensions géopolitiques en Europe de l’Est liées au conflit ukrainien ainsi que dans d’autres parties du monde» qui «semblent désormais peser plus lourdement sur le sentiment des entreprises». L’Allemagne y est particulièrement sensible. La Russie représente 3,3 % des exportations allemandes.

«Les indicateurs actuels jettent une ombre sur la base sur laquelle les prévisions du printemps ont été élaborées, en particulier sur le fait que les tendances allaient s’améliorer davantage encore au cours de la deuxième partie de 2014», reconnaît la Bundesbank. Néanmoins, et malgré le recul de 0,2% du PIB au deuxième trimestre, la banque centrale n’a pas modifié ses prévisions. Elle reste sur le taux de croissance de 1,9% annoncé en juin, relevé de 0,2 point. Elle prévoit toujours 2% pour 2015 et 1,8% l’année suivante. «La détérioration du sentiment part d’un niveau élevé, ce qui, conjugué au fait que la demande intérieure reste globalement haussière, laisse penser que l'économie ne changera pas de direction», expliquent les économistes.

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