Les experts du FMI plaident pour un meilleur traitement de la titrisation
Le débat continue sur la relance du marché de la titrisation. La Commission en a fait sa priorité pour l’union des marchés de capitaux.
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Solenn Poullennec
Le Fonds monétaire international (FMI) vient lui aussi apporter sa pierre au débat sur la relance de la titrisation. Un rapport publié par l’institution pointe notamment les inégalités de traitement réglementaires entre la titrisation et d’autres classes d’actifs. La relance du marché européen, qui se fait attendre, pourrait être soutenue par la nouvelle Commission européenne alors qu’elle souhaite créer une «union européenne des marchés de capitaux».
«Même si des progrès significatifs ont été réalisés pour refonder les marchés de la titrisation dans le sillage de la crise financière internationale, le travail n’est pas fini pour faire en sorte que ces marchés contribuent à la croissance économique et à la stabilité financière», écrivent les experts du FMI. Entre autres nombreuses recommandations, ils assurent qu’il faut «accorder une attention particulière» aux différences de traitement qui existent entre les obligations sécurisées et la titrisation dans la régulation européenne des banques (CRD 4) et des assurances (Solvabilité 2). Les régulateurs ont assoupli leurs positions sur la titrisation après que la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre (BoE) ont plaidé en 2014 pour un meilleur traitement des titres de bonne qualité.
Même si à court terme, le marché européen est soutenu par les achats de la BCE qui ont commencé à l’automne dernier, de nombreuses voix s’élèvent dans l’industrie pour dire que les assouplissements réglementaires ne sont pas allés assez loin. En fin d’année dernière, l’Autorité bancaire européenne (EBA) a suggéré une revue globale de la régulation européenne et plaidé pour une meilleure prise en compte des titrisations qu’elle qualifie de «simples, standardisées et transparentes».
La Commission européenne devrait s’inspirer des travaux de l’EBA alors qu’elle a fait de la relance des «marchés de titrisation de qualité» une de ses «priorités à court terme», dans le cadre de ses travaux sur l’Union des marchés de capitaux. Les contours de cette union censée «supprimer les obstacles à l’investissement transnational» et «faire baisser les coûts de financement au sein de l’UE», devraient être précisés lors de la publication d’un livre vert ce mois-ci.
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