Les Européens mettent en sourdine le scénario d’une augmentation de l’EFSF
La balle est dans le camp de Berlin. Tous les regards sont tournés vers la Diète fédérale allemande qui devrait ratifier demain le deuxième plan d’aide à la Grèce conclu le 21 juillet. Les Slovènes ont franchi cette étape dès hier. Selon une source de la coalition citée par Reuters, la chancelière Angela Merkel n’est toutefois pas assurée de décrocher le soutien de sa majorité.
Lors d’un scrutin test, onze députés conservateurs (CDU/CSU) ont voté contre un élargissement du Fonds européen de stabilité financière (EFSF) et deux se sont abstenus. Du côté des alliés libéraux (FDP), deux à cinq députés pourraient s’opposer au texte et six au plus s’abstenir. Plus de 19 votes contre et/ou abstentions au sein de la coalition constitueraient un camouflet pour Angela Merkel, alors que l’opposition, elle, est pour la réforme.
Compte tenu de l’imminence du vote, Berlin a musclé son discours face une nouvelle augmentation de la taille de l’EFSF. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, a ainsi évoqué hier une «idée stupide» car elle ferait perdre à certains Etats leur notation triple A. Il a reçu l’appui du président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, qui assuré que le volume de l’EFSF ne serait pas augmenté mais que le Fonds serait employé de la manière la plus efficace.
Autre rumeur démentie, celle d’une participation de la Banque européenne d’investissement (BEI) à un fonds commun de créances lié à l’EFSF. «La BEI n’a pas été contactée et ne compte pas prendre part à cela. Elle continuera à se concentrer sur sa mission qui est de financer des projets d’investissement viables», a martelé hier la banque de l’Union européenne.
Dans ce climat d’incertitude autour de l’action à mener, Paris entend jouer un rôle d’aiguillon. «Dès que ce résultat (du vote allemand) sera acquis, en espérant que ce sera un résultat positif, nous allons faire des propositions pour amplifier cette lutte contre les attaques spéculatives contre la zone euro», a déclaré hier François Fillon. Les ministres des Finances de la zone euro doivent se retrouver lundi soir à Luxembourg.
En attendant le déblocage d’une sixième tranche de prêt - la troïka (UE, BCE, FMI) devant faire son retour à Athènes aujourd’hui ou demain – la Grèce poursuit son propre agenda. Les députés ont voté hier soir le projet de taxe immobilière qui doit générer de 2 à 2,5 milliards d’euros par an selon les estimations gouvernementales.
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