Les eurodéputés veulent mieux sanctionner les abus de marché
Le parlement européen avance pour mieux sanctionner les délits d’initiés et autres pratiques abusives sur les marchés financiers. Les membres de la Commission des affaires économiques et financières voteront ce soir les deux textes révisant la directive Abus de marché. Ils devront encore trouver un accord avec le Conseil avant que la régulation, mise sur la table il y a un an, n’entre en vigueur.
Votée en 2003, soit quatre ans avant la fin du monopole des bourses dans le cadre de la directive MIF, la directive abus de marché était devenue obsolète. Les nouveaux textes (un règlement et une directive) prévoient d’élargir le champ de la réglementation aux plates-formes alternatives (MTF) qui se sont développées depuis et aux Organised Trading Facilities (OTF), les lieux d’exécution qui devraient être créés par la révision de la directive MIF toujours en cours. Les textes comblent aussi les lacunes de la régulation sur les marchés de matières premières et du C02.
Le scandale du Libor a poussé le rapporteur des textes Arlene McCarthy (groupe socialiste) à inclure la manipulation des indices dans la liste des abus de marché. Les derniers compromis qu’a pu consulter L’Agefi précisaient que toute transmission d’une information fausse dans le cadre de l’élaboration d’un indice sera couverte par la définition de manipulation de marché. «Même s’il est évidemment impératif de pouvoir sanctionner ces manipulations, cela nous étonne un peu qu’il n’y ait eu aucune analyse faite sur la capacité à déjà les sanctionner dans le cadre actuel», explique Stéphanie Hubert, directeur de la conformité à l’Association française des marchés financiers (AMAFI).
A la satisfaction de l’association, certaines pratiques sont reconnues comme étant admises. C’est le cas des contrats de liquidité que peut signer un émetteur avec un intermédiaire financier pour s’assurer que faute d’acheteur ou de vendeur, le cours de son titre ne décale pas. Par ailleurs, les sondages de marché récemment encadrés ne risqueraient pas d’être considérés comme des abus.
La nouvelle régulation devrait aussi harmoniser les sanctions administratives applicables en cas d’abus. Selon les compromis consultés, elles devraient représenter au moins dix fois les profits réalisés ou les pertes évitées s’ils peuvent être déterminés. Mais elles pourraient être illimitées pour les individus ou représenter 20% du chiffre d’affaires annuel dans le cas de personnes morales.
Plus d'articles du même thème
-
Artemis courtage s'implante au Luxembourg
Cette opération est la première à l'international pour la filiale du groupe Odealim. -
Michala Marcussen (Société Générale) : «L’Europe pourrait s’inspirer de certaines pratiques chinoises»
Autonomie stratégique et technologique, concurrence avec les Etats-Unis et la Chine, financement des priorités: la chef économiste du groupe Société Générale estime que l’Europe doit restaurer la confiance dans son projet et ses bénéfices. -
L'essor des «finfluenceurs», une lame de fond qui manque encore de cadre
Les conseils en matière d'investissement distillés sur Internet se multiplient. Un essor sur lequel les professionnels essaient de capitaliser pour toucher une nouvelle clientèle mais qui n'est pas sans risques. -
Shell cède un nouvel actif dans l’aval pétrolier et gazier
Le groupe britannique a signé un accord avec Adnoc en vue de lui vendre ses stations-service en Afrique du Sud pour une valeur d’entreprise d’un milliard de dollars. -
Schroders recentre son activité de gestion de patrimoine sur les clients les plus aisés
Le plus important asset manager britannique indépendant cède Benchmark, son activité de conseil financier sur le segment mass affluent gérant 37,1 milliards de livres, à Söderberg & Partners, un groupe présent dans le conseil financier et le courtage d'assurance dans les pays nordiques et aux Pays-Bas. -
Face au risque climatique, Finance Watch appelle au renforcement des fonds propres bancaires
L’association alerte sur la vulnérabilité du secteur bancaire vis-à-vis des chocs systémiques pouvant être induits par les événements climatiques et le risque de transition. Des menaces que le système actuel de supervision n’évalue pas correctement.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des mots« Quand on est candidat, il faut être libre de ses mouvements » : ce qu’a dit Marine Le Pen sur une campagne sous bracelet
Condamnée à un an de prison ferme sous bracelet électronique mardi 7 juillet, la cheffe de file du RN avait assuré sur LCI quelques jours plus tôt qu’elle ne ferait pas campagne dans ces conditions -
#DigitalCitizenIntelligence artificielle : échange sanctuaire contre boussole
Sacralisant l’humain et éclairant le monde, l’Europe ne saurait rester à l'écart des machines -
Marine Le Pen condamnée en appel : éligible en mai 2027, mais sous bracelet
La cour d'appel de Paris a rendu son arrêt très attendu dans l'affaire des assistants parlementaires du FN, qui détermine le destin politique de la cheffe de file de l’extrême droite française