Les Etats-Unis tendent la main au Royaume-Uni
Une série d’accords de libre-échange secteur par secteur pourraient être trouvés «très rapidement et très simplement» avec le Royaume-Uni, «en tête de la file d’attente» en matière d’accords bilatéraux avec le gouvernement de Donald Trump, a déclaré son conseiller à la sécurité nationale John Bolton après sa visite au 10 Downing Street lundi. A commencer par un accord dans le secteur manufacturier, et notamment dans celui de l’automobile, le premier poste d’exportation britannique à destination des Etats-Unis. «Nous voulons avancer très vite. Nous regrettons de ne pas avoir pu progresser avec le gouvernement précédent», ajoute-t-il.
La visite permet selon lui «d’exprimer le désir de Donald Trump d’une sortie réussie du Royaume-Uni de l’Union européenne le 31 octobre». Un no deal serait l’occasion de créer des accords significatifs entre les deux pays, après le désalignement du Royaume-Uni des réglementations européennes et sa sortie de l’union douanière. Le message de Donald Trump «nous sommes avec vous» n’occulte pas le déséquilibre des pouvoirs de négociation. La première puissance économique mondiale est aussi le premier marché à l’export du Royaume-Uni (après l’Union européenne) et son deuxième fournisseur de biens et services.
Faible compensation d’un no deal
Pour l’ancien secrétaire au Trésor américain, Larry Summers, face aux Etats-Unis «le Royaume-Uni n’a pas de moyen de pression. Quand vous avez un partenaire de négociations désespéré, c’est le moment de conclure un marché sévère». Le Royaume-Uni devra notamment changer ses exigences de santé et de sécurité pour permettre l’accès des produits alimentaires et agricoles américains à son marché, il devra réfléchir à nouveau à l’inclusion de Huawei dans la construction de son réseau 5G et il subira une augmentation des prix des médicaments fournis par le National Health Service.
Dans tous les cas, davantage de commerce avec les Etats-Unis compenserait difficilement l’impact d’un no deal, alors que l’UE représente 45% des exportions britanniques contre 8% pour les Etats-Unis. Si Donald Trump estime que les accords multiplieraient par quatre ou cinq le volume des échanges, Alan Winters, directeur du UK Trade Policy Observatory, explique que «même avec un alignement réglementaire avec les Etats-Unis, le facteur distance signifierait que le Royaume-Uni ferait moins d’échanges [qu’avec l’UE]», selon le modèle économique de l’équation de la gravité qui prédit le volume d'échanges bilatéral par le poids économique de deux pays et par la distance les séparant.
Plus d'articles du même thème
-
Les banques gèrent tranquillement leurs anciennes dettes subordonnées
L’Autorité bancaire européenne (EBA) a considéré fin février qu’elle avait mené à bien sa mission d’accompagnement et de suivi de l’extinction des dettes subordonnées historiques («legacy»), émises avant 2013 et Bâle 3. De quoi permettre aux établissements de crédit de conserver quelque peu les rares titres aux coupons encore avantageux pour eux. -
La tentative de régulation mondiale de l'IA souffre de grands absents
Les dirigeants de 22 pays ont signé une déclaration commune en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, dans laquelle ils préconisent l'adoption de mesures de sécurité contraignantes face à la course effrénée de l'IA. Les Etats-Unis, la Chine et la France font figure de grands absents. Plusieurs incidents ont pourtant révélé les failles de sécurité d’un secteur où la montée en puissance des modèles s’accélère. -
L’Argentine paye la facture cachée de la lutte contre l’hyperinflation
La thérapie de choc menée par Javier Milei face aux déséquilibres qui s’étaient accumulés dans l’économie est saluée pour ses résultats. Mais cet ajustement peine à se transmettre à l’économie réelle à cause d’un endettement élevé des ménages. La méthode plus mesurée engagée par la Turquie a été moins défavorable. -
Remake AM dégaine Remake Kross, sa troisième SCPI
Ce lancement intervient une semaine après celui d'un FPS agréé Eltif, Remake Pulse. La société de gestion cherche à couvrir l'intégralité des canaux de distribution de l'épargne immobilière. -
La hausse des transferts en santé s'oriente vers un niveau record
En 2027, les assureurs santé s’attendent à devoir absorber 2,5 milliards d’euros de taxes et transferts supplémentaires. C’est davantage que l’an dernier et cela affectera nécessairement les tarifs des prestations complémentaires pour l’année à venir. -
Les notaires minorent les 9.000 milliards d'euros de la grande transmission
La distinction entre flux successoral et patrimoine taxable au moment du décès ainsi que les coûts des soins liés à la vieillesse et à la dépendance sont autant de facteurs qui relativisent les encours de la grande transmission, selon une étude du Conseil supérieur du notariat.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Léa Dunand-Chatellet (Mirova) : «Nous voulons passer d'un acteur intermédiaire à un vrai leader»
- Amundi réorganise ses relations clients institutionnels et sa distribution
- Le métier titres de BNP Paribas réorganise son département dédié aux actifs numériques
- La donnée ESG s'impose comme un levier stratégique dans les entreprises
- Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
Contenu de nos partenaires
-
Sous-titresDonald Trump et l'ONU : la stratégie de l'amour-haine
Malgré sa rhétorique anti-multilatéraliste et ses coupes budgétaires, le président n'a pas encore tiré un trait sur les Nations unies -
Gestion de criseCarburants : le goutte-à-goutte de Lecornu
Le Premier ministre s'en tient à la stratégie éprouvée depuis mars malgré la pression. Mais l'argument de la dette qui empêche un geste plus large tiendra-t-il longtemps ? La décision de l'Allemagne de baisser ses taxes isole la France -
La Fabrique de l'OpinionLéon XIV en France : « Le plus important n’est pas que le pape soit admiré, mais qu’il soit écouté »
Le voyage du pape en France, qui s'annonce hors normes en termes d'affluence, intervient en pleine campagne présidentielle, et peu après la légalisation de l'aide à mourir, à laquelle l'Eglise est profondément opposée. Mgr Matthieu Rougé décrypte les enjeux et les attentes qui entourent cette visite.