Les Etats-Unis sont priés d’assouplir leurs règles sur les dérivés échangés de gré à gré
Les Etats-Unis sont sous pression pour rendre leur régulation sur les dérivés plus compatible avec celles des autres pays. Dans un courrier adressé au Trésor et aux régulateurs américains, la Commission européenne et les ministres des finances de neufs Etats demandent à ce que Washington reconnaisse l’équivalence de leurs règles encadrant le marché des dérivés échangés de gré à gré.
«A cause du manque de coordination en matière réglementaire, nous sommes en train de constater une fragmentation de ce marché, d’importance vitale pour l’économie», écrivent les représentants de la France, l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne, la Suisse mais aussi du Japon, de la Russie ou du Brésil. Le Dodd-Frank Act, comme la régulation européenne sur les dérivés, Emir, obligent à la compensation d’un grand nombre de dérivés OTC et à la publication de données sur les transactions. Les autorités internationales sont très largement d’accord sur la réforme de ces produits, initiée par le G20. Cependant, les Etats-Unis exigent que leurs règles soient appliquées pour les transactions à l’international, dès lors qu’une des contreparties est américaine.
Pour les signataires du courrier, le risque est que les opérateurs soient in fine soumis à plusieurs jeux de règles, coûteux et contradictoires. Ils appellent donc Washington à reconnaître leurs règles comme conformes aux principes américains. Par exemple, si les Etats-Unis considèrent que la législation européenne est globalement équivalente au Dodd-Frank Act et vice versa, une banque européenne qui travaille avec un établissement américain n’aurait pas à appliquer à la fois la régulation de Washington et celle de Bruxelles.
Lors du G20 de ce week-end, les ministres des Finances se sont engagés à résoudre les problèmes liés aux dérivés transfrontières d’ici au sommet des chefs d’Etat prévu à Saint-Pétersbourg en septembre.
Il est d’autant plus urgent de s’accorder que les régulations entrent progressivement en vigueur, notamment en Europe. «Appliquer un double jeu de règles en matière de reporting - hypothèse qui pourrait se présenter dans quelques mois – serait problématique, mais néanmoins gérable. Mais cette question de l’extraterritorialité doit impérativement être réglée d’ici à l’été 2014, car des doublons en matière d’obligation de compensation seraient ingérables pour les intervenants», explique Edouard Vieillefond, secrétaire général adjoint de l’Autorité des marchés financiers.
Plus d'articles du même thème
-
BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
Les encours de la gestion d'actifs de BNP Paribas ont progressé de 4,7% sur le trimestre, ressortant à 1.732 milliards d'euros au 30 juin 2026. -
Le FMI plaide pour un cloisonnement juridique des mandats des fonds souverains
Yan Liu, directrice du département juridique du FMI, appelle à revoir le cadre légal des fonds souverains, dont les actifs ont atteint 15.820 milliards de dollars selon Global SWF. -
Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
Le bénéfice net de la banque a également été porté par une plus-value de cession qui entrainera le paiement d'un acompte sur dividende de 3,23 euros en septembre. -
Tema ETFs cote un ETF qui parie sur l'IA appliquée à la santé
Avec le lancement de cet ETF, Tema ETFs mise sur un secteur où l'IA commence déjà à transformer, chiffres à l'appui, la découverte de médicaments, le diagnostic et la pratique clinique quotidienne. -
Eurazeo annonce le retour à une création de valeur dans son portefeuille
La société d'investissement et de gestion d'actifs Eurazeo a publié jeudi des résultats semestriels 2026 marqués par une nouvelle forte progression de sa collecte auprès de clients tiers et par le retour à une création de valeur dans son portefeuille. -
A Taïwan, les gérants de fonds négocient le retour des portables pendant les heures de trading
Depuis 2024, les gérants de fonds travaillant à Taïwan sont interdits d’utiliser leurs téléphones portables durant les heures de trading de la Bourse locale – entre 9h et 13h30 – afin d’empêcher, entre autres, les délits d’initiés.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
Contenu de nos partenaires
-
IA-commerceCdiscount continue sa mue technologique avec son « usine agentique »
L'enseigne dirigée par Thomas Métivier déploie une infrastructure où plusieurs intelligences artificielles coopèrent pour accélérer et sécuriser le développement logiciel -
Coulisses« Ferme » mais ouvert au dialogue : ce Français chargé de négocier avec la Chine
La Commission européenne a nommé cet été un Monsieur Chine, dont la mission consiste à coordonner le travail en interne et à aller au contact des négociateurs de Pékin -
FeuilletonMonique Barbut, la bombe qui n’en finit pas d'embarrasser Lecornu
Le chef du gouvernement doit désormais composer avec une ministre imprévisible qui a menacé de démissionner à au moins trois reprises en neuf mois. Une répétition qui a démonétisé l’arme de négociation favorite de Monique Barbut