Les Etats-Unis sauvent la face avec un accord a minima
Après des mois de valse-hésitation, le président américain Barack Obama a annoncé hier matin être parvenu à un accord sur un plan budgétaire permettant le vote d’une hausse du plafond de la dette. «Les dirigeants des deux partis dans les deux chambres sont parvenus à un accord qui prévoit une réduction des déficits et permettra d’éviter un défaut», a confirmé Barack Obama. Avant un vote du Sénat attendu aujourd’hui, la Chambre des Représentants a approuvé le texte hier soir par 269 voix contre 161.
Le document de travail prévoit une hausse du plafond de la dette, actuellement à 14.300 milliards de dollars, de 2.400 milliards en deux temps. De quoi éviter de nouvelles discussions avant l’élection présidentielle de novembre 2012. L’accord s’accompagne d’une réduction initiale des dépenses discrétionnaires de 917 milliards au cours des 10 prochaines années sans aucune hausse d’impôt, dont 350 milliards de coupes dans le budget de la défense.
Une commission spéciale bipartite sera ensuite chargée de trouver 1.500 milliards supplémentaires avant le 23 novembre. Si aucun accord n’a été trouvé ou si le Congrès refuse d’entériner les propositions d’ici le 23 décembre, 1.200 milliards seront automatiquement prélevés par un mécanisme contraignant. La moitié proviendrait de la défense, et le programme de santé Medicare pour les personnes âgées serait également affecté.
BNP Paribas estime que le plan «ne fait que repousser les problèmes. Et pas si loin». «Les coupes envisagées sont trop faibles pour remettre le budget américain sur les bons rails», estime la banque de la rue d’Antin. Aurel BGC anticipe pour sa part un déficit budgétaire moyen entre 2011 et 2021 de 4,3% du PIB pour une réduction des dépenses de 1.000 milliards, et de 3,6%dans le cas de2.500 milliards de coupes supplémentaires.
Des anticipations qui se fondent sur le dernier scénario du Congressional budget office (CBO) américain d’une croissance de 3,6% en valeur dès 2012 et de 4,7% en moyenne sur lesdix prochaines années. Une anticipation optimiste au regard des chiffres publiés vendredi: 1,3% de croissance au deuxième trimestre et une révision à la baisse de l’activité à 0,4% au premier. La chute hier de 4,4 points de l’indice ISM d’activité du secteur manufacturier à 50,9 le mois dernier (contre 54,9 prévu par le consensus Reuters), soit son plus bas niveau depuis deux ans, n’est pas de nature à rassurer les investisseurs.
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