Les Etats-Unis reconnaissent les efforts de Pékin en matière de change
La Chine bénéficie de la mansuétude de Barack Obama. Alors que l’infortuné candidat républicain à la présidence des Etats-Unis, Mitt Romney, prévoyait de durcir le ton sur la sous-évaluation du yuan, le département du Trésor américain a refusé de qualifier la Chine de «manipulateur de devise». Pékin «a significativement réduit le niveau d’intervention officielle sur le marché des changes depuis le troisième trimestre 2011», estime ainsi le Trésor dans un communiqué accompagnant son rapport bisannuel sur les changes adressé au Congrès.
Le yuan s’est apprécié de 12,6% en termes réels depuis juin 2010. «La politique de change chinoise n’est en réalité pas un outil d’ajustement économique de court terme, mais plutôt une stratégie de long terme issue d’un compromis politique parmi plusieurs intérêts», explique la société de gestion GaveKal. D’ailleurs, la parité du renminbi bat régulièrement ses plus hauts niveaux historiques depuis quelques semaines. Lundi, elle a atteint 6,2223 contre dollar, son niveau le plus élevé depuis l’unification des régimes de change fin 1993.
Si le Trésor américain estime que le yuan «demeure significativement sous-évalué», il reconnaît les efforts continus de Pékin. Dans ce contexte, nul doute que l’intervention du gouverneur de la Banque Populaire de Chine (PBOC), Zhou Xiaochuan, il y a deux semaines indiquant que «la prochaine étape concernant le yuan sera la réforme vers sa convertibilité» a pesé. Ainsi que les réformes opérées pour développer le marché obligataire, et l’ouverture progressive des marchés chinois aux investisseurs internationaux, notamment grâce au programme QFII.
«Un taux de change plus libre conduirait à la réduction des subventions aux exportations, à favoriser les investissements dans les biens échangeables et à ralentir le rythme d’accumulation de réserves de change», rappelle GaveKal. La PBOC a déjà fortement réduit ses achats de dollars aux banques commerciales afin de favoriser les transactions interbancaires, ce qui a conduit à un ralentissement de la hausse des réserves de change à 18,7 milliards de dollars par trimestre en moyenne, contre 140 milliards en moyenne sur 2011.
Dans le même temps, l’utilisation du yuan comme devise dans les règlements commerciaux s’accroît progressivement. En juillet et août derniers, 12,3% des échanges chinois étaient réglés en yuans, contre 10,7% au premier semestre.
Plus d'articles du même thème
-
La Banque Populaire de Chine franchit une étape dans l’internationalisation du renminbi
Pas à pas, la Chine s’insère dans les marchés financiers internationaux. Elle vient ainsi de prendre de nouvelles mesures de politique monétaire qui ouvrent l’usage de sa monnaie et alignent les pratiques de la PBoC sur celles des autres grandes banques centrales. -
Les Etats-Unis ont moins créé d'emplois que prévu en juin
Les créations de postes sont ressorties à 57.000 le mois dernier et elles ont été révisées à la baisse au titre du mois de mai. -
PARTENARIATDette émergente : d’une allocation tactique à un pilier stratégique des portefeuilles
Longtemps considérée comme une allocation de niche, la dette des marchés émergents a profondément évolué. Amélioration des fondamentaux, diversification accrue et rendements attractifs redéfinissent aujourd’hui son rôle dans l’allocation d’actifs. Dans un environnement marqué par l’incertitude, cette classe d’actifs s’impose progressivement comme une composante stratégique, à condition d’en saisir la complexité et d’adopter une approche active et sélective. -
L’éthique algorithmique s’imposera bientôt au secteur financier
L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) lance une consultation sur les implications opérationnelles du règlement IA pour les banques et compagnies d’assurance. La notion nouvelle d’éthique algorithmique, introduisant de nouvelles dimensions de non-discrimination des personnes physiques, remet en cause certaines pratiques du secteur. -
Le mois de juin, véritable crash test de la réforme de la facturation électronique
Selon le baromètre Generix, près de 9 entreprises sur 10 considèrent ainsi qu’elles seront certainement ou probablement prêtes au 1er septembre 2026. Seules 10,5% déclarent encore qu’elles ne seront pas sur la ligne de départ. -
L’émission inaugurale de HelloFresh baisse dans les premiers échanges
L’obligation émise par le spécialiste des repas livrés à domicile chute sur le marché secondaire après avoir reçu une faible demande. Les investisseurs se montrent de plus en plus prudents.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- Rcube Asset Management obtient son agrément MiCA
Contenu de nos partenaires
-
Pharmacie : cet accord avec les Etats-Unis qui pourrait coûter près de 45 milliards de livres au Royaume-Uni
Signé en décembre 2025, le traité entre les deux pays a permis aux Britanniques d’éviter jusqu’à 100 % de taxes douanières sur leurs exportations de médicaments outre-Atlantique. En contrepartie, le Royaume-Uni doit augmenter ses dépenses en innovation pharmaceutique, ce qui pourrait réduire les moyens consacrés aux services de santé essentiels. -
PschittLa motion de censure mort-née des Ecologistes
Le Rassemblement national a déjà déclaré qu'il ne soutiendra pas cette initiative, privant ainsi la gauche de toute majorité -
TribunePas de progrès technologique sans transparence ni sécurité – par Pierre-Antoine Vacheron
Face à l’explosion des paiements pilotés par l’intelligence artificielle, les premières transactions agentiques en Europe posent une question cruciale sur la confiance et la transparence des nouvelles technologies