Les Etats-Unis intensifient la guerre des changes contre la Chine
La Chine a déprécié ce matin le fixing du yuan suite à l’adoption par le Sénat américain d’une proposition de loi contre la devise chinoise
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Patrick Aussannaire
Les Etats-Unis sont en quête de bouc-émissaires. Les sénateurs américains ont adopté cette nuit, à 63 voix contre 35, une proposition de loi controversée qui autoriserait l’administration américaine à imposer des taxes compensatoires sur les produits importés de pays sous-évaluant leur monnaie, et notamment la Chine. Cette loi, pour être adoptée, doit passer le test de la Chambre des représentants, sous domination républicaine. Or, certains d’entre eux sont opposés à ce type de mesures «dangereuses».
La remontée récente du dollar relance les inquiétudes concernant l’évolution du commerce extérieur américain. «Le renminbi semble toujours se diriger vers un rythme d’appréciation annuelle de 5%» estime Mark Williams et Qinwei Wang, analystes chez Capital Economics. Néanmoins, en réaction à ce vote, la banque centrale de Chine a dévalué sa monnaie en fixant ce matin sa parité à 6,3598 yuans pour un dollar, contre 6,3483 lundi. Sur le marché chinois, le yuan est tombé à 6,3916 ce matin (contre 6,3750 hier soir), soit la limite inférieure de sa bande de fluctuation autorisée par les autorités. Le yuan s’est également déprécié à 6,5530 dans les premiers échanges à Hong Kong, contre 6,4290 hier soir. «Politiser le débat sur le yuan ne résoudra pas les problèmes américains comme le déficit commercial ou le fort taux de chômage, mais cela pourrait affecter le processus en cours de réforme du yuan» a averti la banque populaire de Chine ce matin.
Malgré une appréciation de 30% contre le billet vert depuis 2005, certains parlementaires américains affirment que la devise chinoise est sous-évaluée de l’ordre de 40%, ce qui donne aux producteurs chinois un avantage inégal et conduit à la destruction d’emplois aux Etats-Unis. Une étude du Boston Consulting Group publiée vendredi montre pourtant que l’orientation à la hausse progressive des coûts du travail en Chine pourrait permettre la création de 3 millions d’emplois aux Etats-Unis d’ici 2020 et contribuer à faire baisser le déficit commercial de 360 milliards de dollars en 2010 à 260 milliards en 2020.
Par ailleurs, le plan de soutien à l’emploi de 447 milliards de dollars défendu par Barack Obama a subit un revers, le texte ayant été rejeté cette nuit par le Sénat. «Au final, le peuple américain n’acceptera pas un ‘non’ pour réponse. Il est temps pour le Congrès de mettre ses politiques partisanes de côté et d’agir pour l’emploi» a indiqué le président américain.
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