Les Etats européens négocient leurs pouvoirs au sein de l’union bancaire
Le sommet des chefs d’Etat et de gouvernements de la fin de la semaine doit être une étape importante vers la finalisation, à la fin de l’année, de la feuille de route pour renforcer l’union économique et monétaire européenne. L’union bancaire devrait faire l’objet de l’essentiel des débats.
En juin dernier, les quatre présidents du Conseil européen, de la Banque centrale européenne (BCE), de la Commission et de l’Eurogroupe avaient posé dans les grandes lignes, les conditions d’une meilleure intégration financière, budgétaire, économique et démocratique. Avec les dirigeants de l’Union, ils discuteront jeudi et vendredi d’une version plus avancée de cette feuille de route et surtout du volet sur l’intégration financière.
Il est acquis que la BCE jouera un rôle pivot dans le cadre de l’union. En revanche, selon une source européenne, certains pays, comme l’Allemagne ne veulent pas se contenter du modèle «un pays une voix» dans les futures instances de supervision bancaire de la BCE et aimeraient jouir d’un plus grand poids. Par ailleurs, des pays qui ne sont pas encore dans la zone euro et ne peuvent donc pas siéger dans les organes de la BCE, comme la Pologne, souhaiteraient quand même y avoir leur mot à dire.
Dans sa proposition de septembre, la Commission souhaitait que la BCE supervise presque toutes les banques européennes, soit environ 6.000 établissements. L’institution assure que les régulateurs nationaux resteront impliqués dans la supervision mais l’Allemagne aimerait vraiment garder la main sur les caisses d’épargne et banques régionales et voudrait donc réduire le champ d’action de la BCE.
Le sommet devrait être aussi l’occasion d’évoquer l’articulation des missions entre l’Autorité bancaire européenne (EBA en anglais) et la BCE. L’EBA devrait garder un rôle de coordination des régulations bancaires au sein de l’Union à 27 et travailler à ce titre avec le superviseur unique de la zone euro qu’est la BCE. Mais certains pays, comme la Grande-Bretagne craignent qu’en représentant 17 pays, la BCE n’impose ses vues aux Etats qui ne sont pas membres de la zone euro en matière de régulation. Selon Reuters, les Britanniques chercheraient donc à obtenir un droit de veto.
Ces divergences pourraient retarder le lancement de l’union bancaire, que la Commission espérait pour début 2013. Or, il conditionne la recapitalisation directe des banques par le Mécanisme européen de stabilité (MES).
Plus d'articles du même thème
-
Face au risque climatique, Finance Watch appelle au renforcement des fonds propres bancaires
L’association alerte sur la vulnérabilité du secteur bancaire vis-à-vis des chocs systémiques pouvant être induits par les événements climatiques et le risque de transition. Des menaces que le système actuel de supervision n’évalue pas correctement. -
Boralex sécurise le financement de son développement français
Le producteur canadien d’énergie renouvelable signe un financement multi-entrées d’un montant total de 1,45 milliard d’euros. -
Samsung déçoit en Bourse malgré des profits trimestriels démentiels
Le groupe coréen a dévoilé une estimation de ses résultats trimestriels qui fait état d'une véritable envolée des bénéfices. Celle-ci était toutefois anticipée par le marché. -
BlackRock lance un nouveau fonds Ucits sur les actifs alternatifs liquides
Le géant américain de la gestion d’actifs souhaite répondre à la demande croissante des clients pour des stratégies macroéconomiques capables d'offrir des rendements réguliers et décorrélés. -
Alice Sireyjol quitte Amundi pour rejoindre Swen
Swen Capital Partners, filiale d’OFI Invest spécialisée dans l’investissement responsable en non coté, a recruté Alice Sireyjol en qualité de directrice de la finance durable. Membre du comité exécutif, elle prendra la tête d’une équipe de 11 collaborateurs, au service de la stratégie et de la politique de durabilité de l’entreprise. -
HSBC prend ses distances avec le crédit privé le plus risqué
La banque britannique a subi une perte de 400 millions d'euros sur ce marché en mai et a décidé de réduire son exposition, selon des informations du Financial Times.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
Bruno Cautrès : « Le RN n’a plus nécessairement besoin de la marque Le Pen »
Le politologue Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof, décrypte les enjeux de la décision judiciaire à venir pour les deux têtes d'affiche du RN, et ses conséquences sur la présidentielle -
Les hauts lieux du luxe à la française (Épisode 2) : Hennessy, le goût du temps long
Sur les bords de la Charente, la maison qui a célébré ses 260 ans l’an dernier, ne montre plus seulement du cognac : elle met en scène un territoire, des gestes et une certaine idée du temps et de l’art de vivre hexagonal. Dans un monde saturé d’écrans, une visite physique des anciens chais réaménagés n’est pas un luxe. -
Petit PoucetL’Irlande, pays viscéralement neutre et point aveugle dans l’Atlantique
Le pays, qui assure la présidence tournante de l'UE, est celui qui présente les plus faibles dépenses militaires d’Europe, très loin des membres de l’Otan même les plus chiches