Les Etats AAA au chevet du fonds de stabilisation de l’euro
Un effort supplémentaire pourrait être demandé aux pays les mieux notés pour atteindre les 440 milliards d’euros visés par le fonds à moindre coût
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Florence Autret, à Bruxelles
Les ministres européens des finances ont débattu hier des moyens de ramener la capacité d’intervention du Fonds de stabilisation de l’euro au niveau qui avait été décidé à sa création en mai 2010, soit 440 milliards d’euros. Mais ils veulent le faire au moindre coût politique et financier possible. Compte tenu de la situation de certains participants au mécanisme et de l’absence de garantie solidaire, ce quota de garantie ne permettrait d’émettre que 230 à 260 milliards d’euros d’obligations notées AAA, selon diverses estimations.
Les deux options généralement évoquées pour porter la capacité d’intervention «effective» du fonds à 440 milliards consistent dans l’accroissement du volume total des garanties ou du filet de sécurité de 20% au dessus de la quote-part de chaque pays qui avait été convenu en mai. Une troisième semble se profiler consistant à concentrer le supplément d’effort sur les pays les mieux notées. Hier soir, Jean-Claude Juncker a confirmé que les six pays les mieux notés de la zone euro: l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, le Luxembourg, l’Autriche et la Finlande, avaient eu une réunion «informelle» en marge de l’Eurogroupe.
Mais Berlin tient à disposer d’un «paquet complet» de propositions avant d’augmenter son engagement qui, selon toute vraisemblance, exigera un nouveau vote du Parlement fédéral. «Nous avons entamé hier le débat» sur ce paquet et débattu des «ingrédients de cette réponse globale et compréhensive», a dit hier Jean-Claude Juncker. Le but est de parvenir à un accord général pour le Conseil européen des 24 et 25 mars.
Ces ingrédients recouvrent à la fois le renforcement du mécanisme de stabilisation de l’euro et la réforme de la gouvernance économique. Aux yeux de la Commission européenne, ils comprennent aussi l’assainissement du secteur bancaire au moyen de nouveaux stress tests.
Le ministre des finances irlandais a demandé une révision à la baisse du taux d’intérêt exigé dans le cadre du plan de sauvetage décidé en décembre (5,8%). «Nous sommes au début d’une longue discussion», a répondu Jean-Claude Juncker. Le FESF avait annoncé lundi avoir mandaté Citibank, HSBC et Société Générale pour réaliser sa première émission obligataire de 3 à 5 milliards d’euros à 5 ans, attendue la semaine prochaine. Cette émission de référence fait partie du programme d’aide financière destiné à l’Irlande.
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