Les entreprises ibériques se financent au prix fort
Elles ont émis 3,9 milliards d’euros de dette la semaine dernière. La demande a été forte mais a aussi émané d’investisseurs de court terme
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Violaine Le Gall
La semaine dernière, les émetteurs des pays périphériques ont fait leur retour sur le marché de la dette obligataire. Les opérations Telefonica, Iberdrola, Gas Natural, EDP Finance et Portugal Telecom ont été sursouscrites. Le carnet d’ordres pour l’émission obligataire de Telefonica était supérieur à 10 milliards d’euros pour une opération de 1,2 milliard. «Ces importants taux de sursouscription témoignent cependant d’une forte inflation dans les ordres, les investisseurs ayant gonflé leur demande pour être sûrs d’être servis, remarque Felix Orsini, co-responsable de l’origination corporate chez SG CIB. Par ailleurs beaucoup d’investisseurs sont venus pour profiter de la dynamique de marché, mais pas pour un investissement de long terme, ce qui a rendu les émissions assez fragiles sur le marché secondaire».
Tandis que les rendements sur les dettes souveraines périphériques restent très tendus, les groupes basés dans les pays périphériques ont dû offrir une rémunération élevée aux investisseurs. «Pour les corporates périphériques, le risque souverain compte plus que le secteur d’activité», expliquait Mathieu Cron, stratégiste crédit chez Natixis lors d’une conférence de presse la semaine dernière. Telefonica ne réalise que 40% de son chiffre d’affaires dans son pays mais son CDS est fortement corrélé à celui de l’Espagne et sous-performe le secteur européen des télécoms. L’opérateur a par conséquent dû concéder un spread de 183 points de base (pb) pour son émission à 6 ans, alors qu’en octobre 2009, avant le début de la crise de la dette souveraine, l’opérateur télécom avait émis des titres à 10 ans pour 110 pb. L’électricien portugais EDP a quant à lui vu son coût de financement doubler depuis juin 2009 à 330 pb pour son émission à 5 ans la semaine dernière.
«Ces opérations sont plus coûteuses qu’il y a un an, mais il est important pour les émetteurs corporates des pays périphériques de maintenir l’accès au marché, ajoute Felix Orsini. Comme ces groupes réalisent une à deux opérations par an et qu’ils se sont déjà bien financés l’an dernier, ils devraient revenir sur le marché au plus tôt au second semestre, à moins que les conditions de financement ne s’améliorent nettement».
Pour l’heure, le lien va rester très fort entre les CDS corporates et les CDS souverains, notamment parce que «les agences de notation lient la note des corporates à celles des Etats», estime Mathieu Cron.
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