Les entreprises de la périphérie profitent de l’appétit pour le high yield
Les entreprises profitent à plein d’un fort appétit pour la dette corporate, dans un contexte de taux historiquement bas et d’apaisement sur les marchés grâce à la BCE. «La dette high yield bénéficie d’une fenêtre de tir depuis le mois de juin. On note une accélération depuis septembre. Le marché est extrêmement actif, et la tendance devrait se poursuivre. Il y a eu relativement peu d’émissions jusque-là, et les investisseurs ont encore beaucoup de cash», explique Daniel Rudnicki Schlumberger, managing director leveraged finance chez JPMorgan.
Les émissions de dette «high yield» (qui offrent entre 5 à 10% de rendement en moyenne) se multiplient. Sur les 30 derniers jours, les émetteurs européens ont mis sur le marché pour un peu plus de 6 milliards d’euros à travers 15 opérations, selon les données compilées par Standard & Poor’s au 20 septembre. Le marché du crédit corporate s’ouvre à des signatures perçues comme risquées en raison de leur note et aussi parfois de leur nationalité. C’est le cas pour les sociétés des pays périphériques de la zone euro qui sont contraintes de sortir de l’univers de l’investment grade pour opérer désormais sur le segment high yield.
La semaine dernière, la société italienne Buzzi Unicem spécialisée dans le ciment a ainsi émis pour 350 millions d’euros d’obligations non sécurisées à échéance 2018 au taux mid swap + 509 points de base, avec un coupon de 6,25% offert aux investisseurs. De son côté, le groupe portugais de transport d’infrastructures Brisa Concessão Rodoviaria vient de lever 300 millions d’euros via une émission à maturité 2018 avec un coupon annuel de 6,875%. Quant au fournisseur d’électricité portugais EDP Finance BV (Energias de Portugal), il a récemment émis pour 750 millions de titres à maturité 2017 avec un coupon de 5,75%.
La dette «junk» n’a jamais été aussi bon marché pour les émetteurs... et chère pour les investisseurs. Selon l’indice JPMorgan High Yield, le rendement moyen du papier spéculatif au niveau mondial se chiffre à 6,4%, soit le plus bas niveau depuis 25 ans. «Le marché high yield dispose d’une marge de progression considérable d’autant que les taux de défaut des entreprises émettrices restent assez limités. En Europe, le marché ne pèse qu’environ 140 à 150 milliards d’euros contre près de 1.000 milliards aux Etats-Unis», souligne Daniel Rudnicki Schlumberger.
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