Les entreprises continuent de payer le prix fort pour émettre de la dette
Malgré un volume d’émissions record de 112 milliards d’euros entre janvier et mars, le marché primaire du crédit corporate européen demeure disloqué. La baisse des taux de la BCE depuis octobre, qui a permis de réduire les coûts de financement, ne s’est pas traduite par un resserrement des marges de crédit à l’émission. A contrario, selon Barclays Capital, le spread moyen consenti aux investisseurs par un émetteur non financier dépassait, en mars, les 350 points de base (pb) proche des plus hauts historiques (voir graphe). « Les marges de crédit pour les nouveaux placements sont restées relativement constantes à des niveaux élevés au premier trimestre, même si elles se sont rétrécies sur le marché secondaire », précise la banque.
De fait, l’accès au crédit demeure ouvert aux signatures de bonne qualité et fermé pour celles mal notées ou issues de secteurs en difficulté. Selon la banque, sur le secondaire le spread moyen de ceux qui ont émis cette année ressort à 170 pb, contre 210 pb pour ceux qui n’ont pas émis. D’ailleurs, la détérioration des fondamentaux économiques, synonymes d’érosion future des bénéfices, pourrait engendrer celle de la liquidité pour les émetteurs à court de financement.
Dans ce contexte, le marché est devenu particulièrement exigeant en termes de rendement et de risque, notamment envers les inhabitués du primaire. En témoignent les marges disparates payées la semaine dernière par Veolia Environnement (BBB+) et Michelin (BBB) sur de la dette à 5 ans. Malgré le faible écart de notation qui les sépare (un cran), le groupe d’environnement a offert au marché un spread de 293 pb, contre 646 pb pour le fabricant de pneus.
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