Les entreprises chinoises cèdent du terrain en terme de compétitivité
Une étude révèle que parmi les groupes étrangers produisant sur place, près d’un sur cinq envisagerait de délocaliser ses activités vers un autre pays
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Olivier Decarre
La Chine n’est peut-être pas (ou plus) l’Eldorado des groupes qui souhaitent produire à bas coûts. Cela fait déjà plusieurs années que des entreprises étrangères pointent du doigt des problèmes de qualité et de contrôle de la production. Des inconvénients que pouvaient compenser les faibles coûts de revient. Mais la Chine ne serait plus aussi compétitive qu’auparavant. Une étude de Booz Allen Hamilton réalisée auprès de groupes présents dans le pays révèle que pour 54 % d’entre eux, la compétitivité de la Chine cède du terrain. La faute à la hausse du yuan mais aussi à l’inflation salariale (citée dans 52 % des cas), les salaires des cadres et ouvriers ayant progressé en un an de 9,1 % et 7,6 %. La fidélisation du personnel reste aussi une préoccupation pour un tiers de ces entreprises.
Le phénomène apparaît d’autant plus préjudiciable que les groupes sondés n’ont pas décelé de réelles améliorations dans les méthodes et la culture de production. L’étude déplore toujours « un retard par rapport aux normes internationales » sur la logistique, l’environnement commercial ou encore la protection de la propriété industrielle.
Conséquence directe, près d’un groupe sur cinq (17 %) se pose la question du maintien de ses activités en Chine et de la délocalisation vers d’autres pays. Il faut dire que « 88 % de ces entreprises expliquent avoir initialement choisi la Chine pour ses faibles coûts de main d’œuvre », précise l’étude.
Parmi les destinations probables, « le Vietnam semble représenter la première alternative à la Chine [ndlr, 63 % des cas], suivie de l’Inde pour 37 % ».
Un mouvement paraît donc bel et bien en voie de se concrétiser. Et s’il faut reconnaître que 83 % des groupes interrogés n’envisagent pas de mouvement dans un proche avenir, c’est plus leur double stratégie que la seule promesse de bas coûts de production qui l’explique. De fait, « la taille du marché intérieur a été citée par 78 % des entreprises comme principale motivation à la préservation du statu quo ». Ce n’est plus seulement comme une usine mais comme un marché à fort potentiel que les étrangers appréhendent la Chine. D’ailleurs, l’étude note que les groupes qui ont mis en place une double stratégie en Chine (associant approvisionnements et objectifs commerciaux) affichent une marge supérieure (29,6 % contre 17,8 %) à ceux qui ne se focalisent que sur la production.
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