Les enquêtes sur les manipulations des changes prennent de l’ampleur

Les autorités de la concurrence britanniques s’intéressent au dossier, selon le «Wall Street Journal». La liste des institutions impliquées s’allonge
Solenn Poullennec

L’enquête sur les manipulations du marché des changes ne cesse de s’étendre. L’autorité de laconcurrence britannique, la Competition and Markets Authority (CMA), s’est aussi penchée sur la question, selon le Wall Street Journal. Le quotidien précise que la CMA a récemment partagé des informations sur sa propre enquête avec le régulateur des marchés, la Financial Conduct Authority (FCA).

Cette nouvelle souligne l’ampleur des investigations qui ont été lancées depuis l’année dernière sur le fonctionnement du plus important marché financier du monde. En moyenne, plus de 5.000 milliards de dollars de transactions y sont réalisées par jour. En juillet déjà, le Serious Fraud Office, qui est en charge de la répression de la fraude et de la corruption en Grande-Bretagne, avait annoncé l’ouverture d’une enquête pénale sur de possibles manipulations du marché.

Les premières révélations à ce sujet datent du début de l’été 2013. Depuis, plus d’une dizaine d’institutions, telles que le Department of Justice américain, les régulateurs de Suisse et de Hong Kong, se sont emparées de la question. Beaucoup de grandes banques internationales sont concernées, comme UBS, Deutsche Bank, Barclays, RBS, Citigroup, JP Morgan, HSBC, Goldman Sachs ou Morgan Stanley.

Pour garantir la fiabilité des fixings de change entachés par ces soupçons, le Conseil de stabilité financière (FSB) a soumis à consultation cet été quinze recommandations. Les régulateurs proposent de revoir la cotation WM/Reuters à 16 heures à Londres, qui sert notamment de référence pour les indices actions MSCI. Pour qu’il soit plus difficile de peser sur les prix, le FSB suggère d’élargir au-delà d’une minute le laps de temps à partir duquel est établi le fixing.

Le FSB propose aussi d’élaborer la cotation à partir d’une base de données plus large ou d’établir une plate-forme mondiale où se rencontreraient les ordres des intervenants du marché. Cette dernière proposition est accueillie avec beaucoup de réserve par la Global Financial Markets Association (GFMA), qui représente les principaux acteurs bancaires du marché. En revanche, l’organisation se dit persuadée que beaucoup des propositions du FSB seraient bénéfiques pour le marché. Le Conseil de stabilité financière doit présenter ses propositions définitives au G20 en novembre.

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