Les émissions non financières resteront modérées en 2011
En 2010, les émetteurs non financiers ont été bien moins actifs qu’attendu. Après une année record en 2009, où 251 milliards d’euros d’obligations nouvelles avaient été placés, les opérateurs s’attendaient à une poursuite de la désintermédiation qui profiterait au marché primaire obligataire. Mais les banques arrangent de nouveau des crédits syndiqués à des marges redevenues attractives et à des maturités pouvant être supérieures à cinq ans. De plus, les besoins des corporates sont limités, ces derniers détenant déjà des liquidités importantes qu’ils n’utilisent pas. Au total, un peu plus de 100 milliards d’euros d’obligations non financières investment grade devraient être émises sur le marché primaire cette année.
2011 ne devrait pas non plus être l’année du retour en force des émetteurs sur le marché primaire. «Les corporates vont conserver des niveaux de cash très élevés, et leurs investissements resteront probablement faibles», expliquent les professionnels du marché de la dette de Société Générale. Par ailleurs, la désintermédiation devrait continuer de ralentir après le point haut de 2009. Enfin, après la très faible activité en 2010, les fusions-acquisitions pourraient repartir mais ceci «ne devrait pas avoir d’effet significatif sur les volumes d’émissions au premier semestre 2011», ajoutent-ils. Les secteurs des médias, de la pharmacie et de la chimie, pourraient être les plus actifs en matière de M&A.
L’état des marchés financiers sera aussi déterminant. «Nous pourrions assister à un marché de fenêtres, comme en 2010, estime Karim Mezani, responsable de la syndication obligataire corporates et institutions financières chez Natixis. Dans ce contexte, nous avons peu de visibilité sur 2011. Nous attendons un volume d’émissions comparable à celui de 2010».
Le marché primaire du high yield devrait lui aussi rester stable, mais au niveau record de 2010, à savoir 40 milliards d’euros. «La recherche de rendement par les investisseurs devrait aider le secteur high yield à refinancer le mur de dettes qui arrivera à maturité entre 2012 et 2015», expliquent les analystes crédit de Société Générale. En 2011, «de nouveaux émetteurs, high yield ou non notés, pourraient encore venir sur ce secteur de marché, préférant le refinancement obligataire au refinancement bancaire pour être plus indépendants vis-à-vis des banques», ajoute Karim Mezani.
Plus d'articles du même thème
-
Les dirigeants de PME-ETI françaises broient du noir
L’enquête Grant Thornton souligne une chute de confiance sur fond de tensions géopolitiques internationales. -
Le rachat de SFR servira de test à la future doctrine antitrust à Bruxelles
Avec l'ouverture de négociations exclusives pour le rachat de SFR, le passage de quatre à trois opérateurs télécoms en France est en jeu. Une option qui pourrait être rendue possible par l'assouplissement programmé des règles européennes sur les concentrations. -
Netflix inquiète les investisseurs avec ses prévisions et le départ de son cofondateur
Le titre du numéro un mondial du streaming chutait dans les échanges avant l'ouverture de Wall Street vendredi matin, en dépit de l'annonce d'une augmentation de son chiffre d'affaires et de son résultat net au premier trimestre. -
La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
La valorisation des forêts françaises atteindrait entre 150 et 200 milliards d’euros. Elle se développe de plus en plus dans les portefeuilles des institutionnels. -
Les constructions en bois bénéficient d'atouts de poids
Matière première privilégiée pour des immeubles plus durables, le bois fait des adeptes parmi les villes. Woodeum, pionnier français, en a fait sa marque de fabrique. -
L'investissement forestier reste un puissant outil de défiscalisation et de transmission
Actif tangible avec une forte dimension ESG, peu sensible à la volatilité des marchés financiers, l’investissement forestier séduit un nombre croissant de clients privés. Le rendement, modeste, est largement compensé par une fiscalité généreuse.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- Comgest fait face à une forte décollecte au premier trimestre 2026
- Qui sont les plus grands gérants d'actifs du monde en 2026 ?
- Arkéa AM se rapproche de son objectif d’encours à 2030
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
Contenu de nos partenaires
-
Patrimoine : dans son assurance-vie, faut-il miser sur des investissements dans le non-coté ?
Avec quelques centaines d’euros, vous pouvez désormais investir dans des entreprises n'étant pas présentes en Bourse. Ce que vous devez savoir avant de franchir le pas -
L'Iran va céder son uranium enrichi, affirme Donald Trump
« Ils ont accepté de nous rendre la poussière nucléaire enfouie profondément sous terre en raison de l’attaque que nous avons menée avec nos bombardiers B-2 », a assuré le président américain, jeudi 16 avril. La République islamique n’a pas confirmé l’information -
Dossier patrimoinePatrimoine : les cinq astuces pour améliorer votre contrat d'assurance-vie
Vous n’êtes pas satisfait du produit d'investissement ? Il existe plusieurs solutions pour doper potentiellement son rendement, faciliter sa gestion ou encore optimiser sa transmission