«Les émissions hybrides sont attrayantes dans un environnement de taux bas»
L’Agefi: Pourquoi êtes-vous passés de «neutre» à «surpondérer» sur le crédit?
Christophe Auvity: Suite à la très bonne performance du marché du crédit en 2012, nous avons opté pour un positionnement tactique «Neutre», mais la stabilisation des primes de crédit début 2013 nous a incités à redevenir «long» sur ce marché. Le crédit devrait continuer de bénéficier de l’environnement de taux bas et, paradoxalement du contexte économique européen difficile qui contraint les entreprises à privilégier la maîtrise de la dette, à créer du cash flow plutôt que des stratégies d’expansion, sources d’endettement. De plus, du point de vue de la valeur relative et malgré les taux bas, n’oublions pas que la composante prime de crédit dans le taux global (taux sans risque + prime de crédit) est à un niveau historique très élevé (supérieur à 50%). Cela étant dit, les variations du marché du crédit sont hétérogènes, et fonction des pays, des secteurs et des entreprises.
Quelles valeurs privilégiez-vous?
Dans le contexte économique actuel, nous surpondérerons les secteurs non cycliques (télécommunications, utilities…) par rapport aux secteurs plus cycliques (autos, construction..). Notre approche fondamentale fondée sur la valeur intrinsèque des entreprises nous amène à privilégier celles qui ont des fondamentaux solides et qui pâtissent de la volatilité du marché européen, à l’instar des utilities espagnoles. Enfin, les nouvelles émissions hybrides, moitié capital, moitié dette, peuvent constituer une bonne alternative à un environnement de taux bas et générer un rendement supplémentaire non négligeable, pour peu que l’émetteur affiche des fondamentaux solides.
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