Les émissions de titrisations attendues en recul de 25 % en 2008
Selon l’International Financial Services London, l’activité primaire mondiale a ralenti en 2007 de 8 % à 3.826 milliards de dollars
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Tân Le Quang
En dépit d’un premier semestre solide, l’activité en 2007, sur le marché de la titrisation, a été décevante. Selon un rapport de l’International Financial Services London (IFSL), les émissions ont ralenti de 8 % à 3.826 milliards de dollars. Compilant les données des associations Sifma et ESF et de Fitch, l’IFSL précise que l’activité en 2008 devrait chuter de 25 % à 2.850 milliards de dollars vu le manque de liquidité, la montée de l’aversion pour le risque et l’écartement des spreads de crédit.
La crise des subprimes a été lourde de conséquences pour le marché américain qui a vu son activité baisser en 2007 de 11,2 % à 2.892 milliards de dollars, portant la part des Etats-Unis à 76 % des volumes mondiaux, contre 90 % en 2003. Le marché des titres adossés à des crédits hypothécaires (MBS) a résisté à la crise avec 2.027 milliards de volume émis, soit +1 % en annuel. Un bilan plutôt positif quand on sait que 56 % de ces montants ont été réalisés par les agences fédérales Fannie Mae, Freddie Mac et Ginnie Mae qui ont publiées au dernier trimestre 2007 des pertes records suite à la baisse des prix immobiliers et à la hausse des défauts. La dégradation est venue de la chute de 31 % des émissions de titres adossés à des actifs (ABS) à 865 milliards. S'élevant à 637 milliards au premier semestre, les ABS, affectés par les dégradations de notations et de la qualité de crédit des collatéraux, n’atteignaient plus que 228 milliards au second semestre. Selon Sifma, les MBS en 2008 devraient reculer de 16 % à 1.700 milliards et les ABS de 36 % à 550 milliards.
L’industrie européenne, elle, a réussi à sauver son année. En hausse de 12,74 % à 681 milliards de dollars par rapport à 2006, les émissions au cours des six premiers mois se sont élevées à 421 milliards de dollars mais ont fini à 249 milliards le semestre suivant. Alors que les émissions ont essentiellement concerné les marchés des RMBS (45 %), des CDO (20 %) et des CMBS (11 %), seuls ces derniers ont connu une activité en recul, de -13 %, contre une progression de 16 % et 31 % pour les deux premiers. Le Royaume-Uni a été le plus touché par la crise avec des volumes en déclin de 2 % à 237 milliards. Sa part de marché en Europe passant de 40 % à 35 % au profit de pays comme l’Espagne ou les Pays-Bas. Pour autant, l’IFSL s’attend cette année à une plus faible activité en zone euro vu le contexte actuel.
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