Les émissions de dettes tier 2 font leur retour en grâce
Les banques profitent du contexte favorable sur les marchés pour recommencer à émettre de la dette tier 2. Alors que le marché de la dette hybride s’était totalement gelé au plus fort de la crise de liquidité pour les établissements de crédit, l’amélioration de l’environnement crée aujourd’hui une fenêtre de tir.
La dette hybride a en effet profité des annonces rassurantes de Mario Draghi sur le rôle de la Banque centrale européenne comme prêteur de dernier ressort. Ces derniers mois plusieurs banques dont l’autrichienne Erste Bank, les établissements néerlandais Rabobank ou encore ABN Amro ont émis de la dette tier 2.
La semaine dernière ce fut le tour de la Société Générale qui a placé 1,5 milliard de dollars de dette subordonnée tier 2 perpétuelle avec un coupon de 6,625%. Le livre d’ordres a dépassé les 9 milliards pour cette opération destinée à «renforcer le capital total du groupe». L’émission a rencontré un fort succès auprès des réseaux de banques privées et des investisseurs institutionnels en Europe et surtout en Asie.
«La structure retenue pour cette émission de type perpétuelle subordonnée avait pour avantage de répondre aux exigences des investisseurs asiatiques, qui représentent 40% de notre placement. Cette émission obligataire n’était en revanche pas accessible aux investisseurs américains. Cette fois-ci nous avons choisi de ne pas les solliciter, le marché américain étant soumis à une réglementation spécifique», explique Vincent Robillard, responsable du refinancement à la Société Générale.
Plusieurs raisons poussent les banques à émettre de la dette de catégorie tier 2 dans le cadre du renforcement des exigences en capital dicté par les régulateurs. Tout d’abord, les incertitudes réglementaires entourant le traitement du capital tier 1 liées à la mise en place de la directive CRD IV transposant Bâle 3 les incitent à opter pour l’émission de capital tier 2.
Par ailleurs, s’agissant des banques françaises, l’absence de consignes claires données par l’Autorité de contrôle prudentiel sur la possibilité de recourir aux mécanismes de dette contingente comme les CoCos conduit les émetteurs à privilégier d’autres instruments de dettes.
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