Les émetteurs refont leur apparition sur le marché du " high yield «
Atone depuis la crise des subprimes, le marché de la dette à haut rendement redonne des signes de vie. En juin, CGG Veritas, Frenesius et IFCO Systems NV sont venus tester le marché primaire du high yield en renforçant chacune des lignes obligataires existantes pour un total d’environ 280 millions d’euros. Au total, 556 millions d’euros ont été émis depuis le début de l’année, contre 1,3 milliard pour l’ensemble de l’année 2008.
Le chemin est encore long pour retrouver les volumes de 2007, qui a atteint les 15,4 milliards d’euros, selon S&P LCD. Mais ce regain d’activité est encourageant. « Les arrangeurs encouragent les émetteurs à profiter de ce qui pourrait être les meilleures des conditions de marché depuis deux ans et les émetteurs semblent y être réceptifs », estime une source relayée par S&P LCD. Actuellement, Wind, VNU, ou encore Ladbrokes figurent dans la liste des noms d’émetteurs potentiels évoqués sur le marché.
Surtout, le recours au marché est l’occasion pour les entreprises de restructurer leur dette, ce qui est le cas aux Etats-Unis où le redressement du marché est plus marqué. « Depuis début avril, 34 émetteurs ont placé 18,2 milliards de dollars dans le but de réduire ou de remplacer leurs prêts », indique S&P LCD. Outre-Atlantique, les émissions en 2009 s’élèvent à 23,3 milliards de dollars. Côté notations, 59 % d’entre elles viennent d’émetteurs « BB- »,12 % d’émetteurs « BB/B » et 29 % d’émetteurs « B ».
« En l’absence de nouvelles missions sur le marché des prêts bancaires et vu que les bilans des banques sont tendus, on peut s’attendre à ce que davantage d’émetteurs lancent des émissions et choisissent de rembourser une partie de leur dette », note un banquier. Selon Barclays, pour les entreprises disposant de ressources appropriées, les niveaux de prix actuels des obligations high yield qui avoisinent en Europe les 69 % du pair, constituent une unique opportunité de racheter les obligations à des prix bon marché. En rachetant et annulant de la dette, les entreprises sont capables de réduire leur endettement net et leurs charges d’intérêts, ce qui est positif pour la qualité des bilans. D’ailleurs, hier S&P a relevé la perspective de IFCO Systems NV de « négative » à « stable » suite au refinancement de la structure de sa dette, qui a permis d’améliorer son profil de liquidité.
Plus d'articles du même thème
-
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar. -
Google est condamné à payer près de 2 milliards de dollars à Klarna
La justice suédoise estime que Google a, pendant de nombreuses années, abusé de sa position dominante sur le marché de la recherche en ligne. Le groupe pourrait faire appel de cette décision. -
La banque verte achète à Worldline ses parts dans leur coentreprise de paiement CAWL
Le partenariat signé en 2024 se poursuit et reste stratégique. Depuis, la banque est aussi devenue un des plus gros actionnaires du spécialiste du paiement avec plus de 10% de son capital. -
Amarris muscle son bilan pour poursuivre la consolidation en s'émancipant des plateformes techs
Moins d'un an après l'entrée de Naxicap Partners à son capital, le groupe mariligérien lève 39 millions d'euros supplémentaires pour poursuivre sa stratégie de croissance externe sur le marché de l'expertise comptable. -
Les marchés de capitaux s’orientent vers un millésime 2026 hors norme
Les Etats-Unis, alimentés par les cotations et des levées de fonds historiques dopées à la tech, dominent plus que jamais le marché mondial des capitaux qui progresse de 62 % à 610 milliards d’euros. En Europe, les IPO peinent à transformer l’essai. Les convertibles signent leur résurrection. -
L’Asie accélère sa transition pour sortir de la dépendance énergétique
La crise d’Ormuz a révélé l’étendue de la dépendance des pays asiatiques aux fournisseurs d’hydrocarbures du Golfe. Elle leur donne de nouveaux arguments pour accélérer leurs stratégies de diversification et d’autonomie, selon l’AIE.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- La cotation de SpaceX bouscule la gestion passive
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français