Les émetteurs néerlandais font leur retour sur le marché de la titrisation
L’été a permis au marché des titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS) néerlandais de préparer sa rentrée. Le 19 août, Achmea Hypotheekbank, la banque hypothécaire néerlandaise a restructuré près de 695 millions d’euros de tranches de RMBS prime [adossé à un portefeuille de prêts de qualité élevée, ndlr] déjà émises et retenues à son bilan via le véhicule Dutch Mortgage Portfolio Loans BV VI. Sur les 653 millions de tranche A émis, 500 millions ont été repris par une filiale de JPMorgan.
Ce replacement de vieilles souches de titrisation a encouragé les émetteurs bataves à venir tester le marché primaire. Après avoir rencontré les investisseurs fin août, Obvion, une division de Rabobank Netherland a placé ce lundi 909 millions d’euros de RMBS prime au travers de Storm 2010-III. La transaction, qui avait pour co-chefs de fil Rabobank et Société Générale, est sortie sur le marché à un spread de 90 pb pour la tranche A1 et 120 pb pour la tranche A2. Selon une source de marché, la première tranche a été souscrite deux fois et la seconde aurait attiré une demande de la part d’une trentaine de comptes diversifiés.
Surtout, Friesland Bank est en phase marketing pour préparer la réémission, via le véhicule Stichting Eleven Cities 5, de 646,5 millions de tranches seniors de RMBS émises en mars 2009 et retenues à son bilan. Ce deuxième replacement remet au goût du jour le scénario évoqué en 2009 d’un possible retour en masse sur le primaire des titrisations ayant servi de collatéral aux opérations de repo de la BCE. Selon les chiffres d’UniCredit, 35,3 et 37,6 milliards de RMBS néerlandais ont été retenus, dans l’ordre, en 2009 et en 2010.
Pour Jean-David Cirotteau, analyste ABS chez SG CIB, s’il est de bon augure pour le marché primaire, il est difficile de dire si le processus de replacement sur les marchés de capitaux des RMBS néerlandais structurés lors de la crise mais conservés au bilan peut monter en puissance. Selon l’expert «si l’émetteur a prévu cette éventualité lors de la structuration initiale notamment au niveau de la documentation au moment de l’émission-rétention, le coût du placement public aujourd’hui est quasi-nul. Alors que les spreads à l’émission sont désormais plus serrés, les tranches qui furent notées à l’époque par une seule agence devront en revanche obtenir une deuxième notation pour respecter les exigences de la BCE».
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