Les émetteurs hors de la zone euro vont animer le marché des covered bonds
De nouvelles juridictions devraient compenser la baisse des émissions de Pfandbriefe et la fermeture des marchés périphériques
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Violaine Le Gall
Le marché des obligations sécurisées est en train de s’étendre au-delà de la zone euro. Les émetteurs se situant hors de la région ont en effet placé l’an dernier l’équivalent de 94 milliards d’euros de titres, alors que leur précédent record d’émissions s’élevait à 59 milliards d’euros en 2007, d’après Deutsche Bank. Les établissements se situant au Royaume-Uni, en Norvège, au Canada, en Suède, en Suisse, en Nouvelle Zélande et au Danemark devraient émettre significativement l’an prochain, d’après la banque allemande.
«Compte des besoins de diversification des investisseurs de la zone euro et l’importance croissante des nouveaux marchés de covered bonds dans d’autres devises que l’euro, la demande va probablement rester suffisamment forte pour absorber cette offre», indique Bernd Volk, stratégiste chez Deutsche Bank.
L’émergence de nouveaux émetteurs est la bienvenue car les marchés historiques des covered bonds sont plutôt en perte de vitesse. En Allemagne, les émissions d’obligations sécurisées de plus d’un milliard d’euros devraient s’élever à 25 milliards d’euros compte tenu des restructurations en cours des émetteurs de Pfandbriefe, d’après Barclays Capital. En Espagne, c’est la demande qui risque de manquer. Les émissions benchmark espagnoles sont en effet placées à 85% auprès d’investisseurs étrangers. Or, ces derniers pourraient s’inquiéter de la situation sur la dette souveraine et le secteur bancaire espagnols. Le moindre intérêt pour les titres espagnols pourrait être problématique puisque 40 milliards d’euros de cédulas benchmark doivent être refinancés cette année. Par ailleurs, les marchés primaires des pays périphériques pourraient rester fermés.
La France restera le premier marché en termes d’émissions de covered bonds benchmark, mais «il y a quelques signes de fatigue», observe Fritz Engelhard, stratégiste chez Barclays Capital. L’an dernier, le marché français a bénéficié de l’appétit des investisseurs allemands et autrichiens. Ces derniers se sont reportés sur l’Hexagone car les nouvelles émissions de Pfandbriefe ne compensaient plus les remboursements. En 2010, 70 milliards d’euros de Pfandbriefe sont ainsi arrivés à échéance. L’an prochain, ce phénomène ne sera plus aussi porteur pour le marché français. Seuls 46 milliards d’euros de Pfandbriefe doivent en effet être remboursés.
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