Les émetteurs « high yield » et non notés profitent de la fenêtre de tir
Après Pernod et Renault la semaine dernière, Rallye et Vestas ont émis hier respectivement 500 et 600 millions d’euros de dette
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Tân Le Quang
Porté ces dernières semaines par les émissions de dette bancaire, le marché du crédit voit le retour des émissions corporate. Ces sept derniers jours, l’accalmie des marchés a ouvert une fenêtre de tir pour ces dernières, qui ont constitué le tiers de l’activité primaire. La dizaine d’opérations a concerné les secteurs des services aux collectivités, des télécoms, de l’automobile, des boissons et des métaux pour des tailles allant de 500 millions à 1,25 milliard d’euros.
«Les émetteurs, tous secteurs et notations confondus, y compris ceux ayant un accès au crédit moins faciles, ont été confortés la semaine dernière par l’absence de publication d’indicateurs économiques majeurs et du succès de l’émission à 10 ans de la Grèce. Cette fenêtre de tir sur le marché primaire est une bonne nouvelle», indique Virginie Rabaey, directeur activités origination corporate chez Barclays Capital.
D’ailleurs, celle-ci a motivé les émetteurs spéculatifs à tester le marché. Cela a été le cas de Pernod (BB+) et Renault (BB) qui ont émis avec succès 1,2 milliard à 6 ans et 500 millions à 7 ans. Hier, Rallye, qui n’est pas noté mais dont la qualité de crédit est jugée, par certains, inférieure à celle de Casino (BBB-), a émis 500 millions de dette à 6%. Et pour la première fois, Vestas Wind Systems (non noté), société en pleine croissance, a placé 600 millions de dette pour diversifier ses sources de financement.
«Après une période d’accalmie en février, le marché du high yield a repris il y a dix jours avec une émission de 200 millions d’euros par le suédois Stena. Depuis le début de l’année, 8 milliards d’euros d’émissions ont déjà été absorbés en Europe. Les investisseurs attendent 30 à 40 milliards en 2010. Les investisseurs ont mis du cash de côté et n’auront donc aucun problème pour les absorber», précise Thomas Samson, gérant de fonds high yield européen chez Muzinich & Co.
Toutefois, Virginie Rabaey, souligne que cette fenêtre de tir, d’une manière générale, est «sans conviction au vu de la performance en secondaire, le marché restant attentif au contexte macroéconomique international et à l’evolution de la situation des émetteurs souverains». La semaine passée, l’indice de dérivé de crédit Crossover a touché un plancher de 409 pb. Il se traitait hier à 427 pb. L’indice Merrill Lynch B/BB Corporates progresse quant à lui de 5% cette année.
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