Les émetteurs français anticipent sur leur programme de financement
Très actifs sur le marché primaire du crédit depuis septembre, ils se protègent ainsi d’une possible restriction sur le crédit bancaire
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Violaine Le Gall
Depuis la rentrée, les groupes français ont été particulièrement actifs sur le marché primaire. Ils ont été à l’origine de la moitié des émissions obligataires non financières en euro. «La prudence a incité les entreprises hexagonales à anticiper sur leurs besoins de financement, explique Muriel Caton, responsable des marchés de dettes chez RBS à Paris. Ils ne voient pas de signaux positifs à l’horizon qui pourraient les inciter à attendre pour émettre. Leur dynamisme sur le marché primaire peut aussi être une réponse au retour des tensions bancaires. Nous nous attendons à un retour de la désintermédiation en 2012, comme nous l’avions déjà observé en 2009». Les risques d’une dégradation de la note de la France à moyen terme pourraient aussi se traduire par une hausse du coût de financement corporate.
Malgré ce contexte difficile, les entreprises françaises, et plus largement européennes, ne devraient toutefois pas se retrouver à court de liquidités dans l’année à venir, même si l’environnement se détériore. «Dans l’ensemble, les corporates européens ont continué de réduire l’effet de levier et le niveau de trésorerie reste élevé, voire continue de progresser, estime la recherche crédit de SG CIB dans une notée consacrée à la liquidité des entreprises. La crise de liquidité de 2008 a laissé beaucoup de cicatrices et peu de groupes en Europe ont voulu augmenter leur effet de levier si peu de temps après avoir fournir des efforts extraordinaires(pour y faire face)».
L’agence de notation Moody’s dresse aussi un constat rassurant dans une étude sur plus de 500 émetteurs européens. 91% d’entre eux disposent de liquidités suffisantes sur les 12 prochains mois sans avoir à faire appel aux marchés, contre 86 % en juin 2010. Les risques devraient cependant augmenter pour les émetteurs de la catégorie spéculative si leur chiffre d’affaires et leurs cash-flows subissent la pression d’une économie ralentie et si l’accès au marché devient plus difficile.
Dans sa revue sectorielle, SG CIB cite quelques émetteurs, notamment français, dont la situation en termes de liquidité est jugé relativement fragile au sein de leurs secteurs, sans qu’elle soit préoccupante. Dans l’agroalimentaire, Pernod Ricard, qui vient d'émettre 1,5 milliard de dollars à 10 ans, est cité, et, dans la distribution, Carrefour et Casino sont désignés même si leur niveau de liquidité est encore jugé confortable.
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