Les émetteurs européens se tournent vers le marché américain de la dette
En se finançant en dollar et en procédant à un swap en euro, les banques européennes peuvent obtenir des conditions attractives
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Violaine Le Gall
Les banques européennes exploitent toutes les sources de financement. Sur le marché de la dette en euro, nombre d’entre elles ont émis des obligations sécurisées depuis le début de l’année et, pour certaines, des obligations à taux variable et de la dette senior non garantie. Les établissements européens sont aussi allés se financer massivement sur le marché américain. Depuis le début de l’année, Deutsche Bank, RBS, Rabobank BNP Paribas, Santander, le Crédit Agricole et Nordea ont ainsi sollicité les investisseurs outre-Atlantique. Au total, les émetteurs européens ont contribué à hauteur de 40% au marché primaire américain de la dette investment grade depuis le début de l’année, d’après les spécialistes de Barclays Capital dans une note du 14 janvier.
De cette façon, les banques souhaitent non seulement couvrir leurs besoins en dollar mais aussi obtenir un coût de financement plus modeste. Elles peuvent en effet émettre en dollar puis procéder à un swap de devises pour se financer en euro de manière avantageuse. «Nous expliquons cette tendance par la combinaison des niveaux actuels des swaps de devises et par la relative augmentation de l’aversion pour le risque en Europe qui limite la capacité d’absorption sur le marché primaire européen», soulignent les stratégistes de Barclays Capital.
Le spread sur les swaps dollar/euro à cinq ans est actuellement négatif, à -26 points de base (pb). En théorie, une banque européenne qui cherche à se financer à cinq ans en euro payera 26 pb de moins en émettant des obligations en dollar et en procédant à un swap qu’en levant directement de la dette sur le marché primaire en euro. «Plus le spread sur le swap est négatif, plus il est intéressant pour l’émetteur de recevoir un financement synthétique en euro via un swap», résume Barclays Capital. Le spread négatif est particulièrement important sur les maturité courtes, jusqu’à cinq ans, ce qui explique que, depuis octobre dernier, les deux tiers des émissions en dollar effectuées par des sociétés européennes ont porté sur des maturités inférieures à cinq ans.
Le marché américain présente en outre l’avantage d’être actuellement moins chaotique que le marché européen. Ainsi, le premier est resté ouvert tandis que le second s’est fermé durant les crises grecque et irlandaise.
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