Les élections régionales espagnoles envoient un message mitigé à Madrid
Mariano Rajoy a réussi son premier test électoral après dix mois aux commandes du gouvernement espagnol. Le Parti populaire (PP) du Premier ministre garde la majorité absolue dans sa région d’origine de Galice où les conservateurs espagnols ont même progressé lors de ce scrutin qui s’est déroulé hier et qui était présenté comme un véritable référendum sur la politique d’austérité mise en œuvre. Le PP remporte ainsi 41 députés sur 75, soit trois de plus que la majorité absolue de 38 sièges qu’il détient actuellement, devant les socialistes qui ont obtenu 18 sièges, ainsi que le parti écolo-communiste AGE qui en obtient neuf et le parti régionaliste BNG qui en obtient sept, selon les résultats officiels publiés cette nuit.
Un soulagement alors que des sources concordantes indiquaient que le gouvernement tablait sur le succès de cette élection pour lancer sa demande d’aide financière officielle à l’Union européenne. La semaine dernière, le rendement des obligations d’Etat espagnoles à 10 ans a chuté d’un quart de point à 5,37%, mais reste 378 points de base plus élevé que celui du Bund allemand.
Pourtant, les élections au Pays basque ont envoyé un message nettement plus mitigé, avec la percée des indépendantistes dans un contexte où la dette des régions autonomes menace le succès des objectifs budgétaires du gouvernement. Dans cette région qui jouit déjà d’une grande autonomie en étant la seule du Royaume à lever ses propres impôts sur le revenu et sur les sociétés, la campagne électorale a moins porté sur la rigueur économique que sur le partage des pouvoirs entre Madrid et la province. Dans ce contexte, le Parti nationaliste basque d’Inigo Urkullu prend la tête du scrutin avec 27 sièges, devant la gauche indépendantiste EH Bildu qui obtient 21 élus et les socialistes qui en obtiennent 16. Le PP, lui, obtient seulement dix élus.
Le pacte fiscal qui lie l’Etat central et les 17 régions autonomes (qui cumulent plus de 150,6 milliards d’euros de dettes, dont 65% provient des seules régions de Catalogne, Valence, Madrid, et d’Andalousie) inscrit dans la Constitution de 1978 est menacé de voler en éclat. Prochain test de taille: le 25 novembre la Catalogne tient des élections anticipées à haut risque pour la crédibilité budgétaire du gouvernement. Huit régions ont déjà sollicité l’aide financière de Madrid mobilisant près de 17 milliards d’euros sur les 18 milliards de la facilité de crédit allouée aux régions.
Plus d'articles du même thème
-
Nicolas Namias est renouvelé à la tête de BPCE
Le conseil de surveillance a renouvelé le mandat du président du directoire de BPCE pour quatre ans à l'unanimité. -
Kerialis a confié la gestion de son portefeuille de retraite à Sienna et Axa
Le fonds de retraite professionnelle supplémentaire des salariés des cabinets d'avocats met fin à une délégation de gestion de vingt ans confiée à Axa et a sélectionné deux mandataires pour gérer en direct un portefeuille de 1,37 milliard d'euros. -
L'AFG promeut dans un livre blanc la retraite supplémentaire par capitalisation
A l'occasion du Paris Finance Forum organisé ce 9 juin par Paris Europlace, Philippe Setbon, le président de l'association professionnelle, a annoncé la sortie d'un livre blanc promouvant ce régime pour relancer le débat à un an de l'élection présidentielle. -
Rubis contient les nouvelles ambitions d’un actionnaire activiste
Le premier investisseur du spécialiste de la distribution de produits pétroliers n’est pas parvenu à ses fins lors de l’assemblée générale du groupe. -
La Banque du Canada laisse son taux inchangé à 2,25%
Alors que le PIB s’est contracté au premier trimestre, le comité de politique monétaire canadien considère que l’inflation à 2,8% n’est que temporaire, ce qui ne nécessite pas d’intervenir sur les taux. -
Alstom verdit son financement avec une nouvelle obligation hybride
L’émission de 700 millions d’euros conforte, pour l’heure, la notation prisée de l’émetteur en catégorie investisseurs.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
Contenu de nos partenaires
-
Souffler sur les braisesViolences à Belfast : pourquoi les émeutes éclatent si vite au Royaume-Uni
De violentes manifestations anti-immigrés ont éclaté mardi soir dans la capitale de l'Irlande du Nord, après une attaque au couteau attribuée à un ressortissant soudanais -
Voix basseAffaire Lyhanna : pourquoi le RN choisit la retenue
D'ordinaire prompt à s'emparer des faits divers pour imposer ses thèmes de prédilection, le RN réagit avec davantage de retenue à l'affaire Lyhanna. Et mise moins sur la surenchère que sur la dénonciation d'une faillite globale de l'Etat -
« Une célébrité surcotée » : Anthropic publie une version sécurisée de Mythos, son IA surpuissante
Anthropic dévoile une version bridée de son IA ultra puissante. Une annonce retentissante qui sert une stratégie de communication bien huilée : l’accès au public est en fait bordé par des tarifs dissuasifs et des garde-fous stricts