«Les élections pourraient ralentir l’appréciation de la livre»

Olivier Raingeard, responsable du pôle stratégie d’investissement et de l’ISR chez Neuflize OBC
Solenn Poullennec

- L’Agefi : Jusqu’où la Banque centrale européenne (BCE) pourrait-elle faire baisser l’euro face au dollar avec ses achats d’actifs ?

- Olivier Raingeard : Le programme d’achat de la Banque centrale européenne est déjà bien anticipé par le marché. L’appréciation du dollar devrait désormais être fonction des perspectives de croissance et de politique monétaire aux Etats-Unis et en Europe. Aux Etats-Unis, la croissance accélère mais certains risques évoqués dans le compte rendu de politique monétaire de la Fed pourraient l’inciter à différer la hausse de son taux directeur. Du côté de la zone euro, les statistiques économiques sont moins bonnes que prévu depuis le printemps. Néanmoins, la conjonction des nouvelles mesures de la BCE pour soutenir le canal du crédit, la réalisation des stress tests sur le système bancaire, l’utilisation de certains leviers budgétaires et, à la marge, la dépréciation de l’euro devraient permettre à l’activité de s’améliorer modérément. Par conséquent, l’appréciation cyclique du dollar devrait être plus progressive.

- Pourquoi voyez-vous l’euro/livre à 0,76 dans six mois ?

- La livre devrait continuer de se renforcer au cours des prochains mois mais, là aussi, une grande partie du chemin a été fait. Les investisseurs ont anticipé une normalisation progressive de la politique monétaire de la Banque d’Angleterre qui, à l’instar de la banque centrale américaine, restera très prudente dans son cycle de resserrement. Par ailleurs, le risque politique avec les élections générales britanniques pourraient contribuer à ralentir l’appréciation de la devise.

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