« Les élections législatives britanniques début mai sont une source d’incertitude pour la livre »
Laurent Bilke, senior économiste chez Nomura
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Tân Le Quang
L’Agefi : Une détente de la situation grecque peut-elle être un facteur d’appréciation de l’euro ?
Laurent Bilke : La crise grecque a largement contribué à la baisse de l’euro. Elle a provoqué une crise de confiance dans la monnaie unique, exagérée certes, mais avec une question légitime sur l’existence ou non de solidarités entre pays membres. Mais elle n’en a pas été l’unique facteur, de solides chiffres économiques aux Etats-Unis, contrastant avec un ralentissement en Europe, ont également contribué à la baisse de l’euro. Si le paroxysme de la crise de la dette grecque est derrière nous maintenant, d’autres bonnes nouvelles du côté de l’économie américaine peuvent encore apparaître dans les semaines qui viennent, notamment sur l’emploi. En raison de ces facteurs contradictoires, l’euro pourrait ne pas s’éloigner des niveaux actuels. En 2011 cependant, l’euro pourrait revenir sur une tendance baissière, les niveaux actuels demeurant élevés d’un point de vue historique.
La tendance baissière de la livre face à la monnaie unique peut-elle s’intensifier ces prochains mois ?
Le cours actuel de la livre intègre déjà une bonne dose de jugement négatif sur l’économie britannique. Cela va s’atténuer à mesure que le climat économique général s’améliore, donc le risque est plutôt celui d’une hausse de la livre. Les élections législatives début mai sont une source d’incertitude, le marché redoutant un Parlement sans majorité claire. Dans ce cas, il est à craindre que les efforts de consolidation budgétaire soient repoussés aux calendes grecques, une situation clairement négative pour la livre. C’est un risque réel, mais qui ne doit pas être surestimé.
Pour renforcer sa sécurité économique, l’Europe cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement et à nouer de nouveaux partenariats. Elle doit notamment signer une alliance commerciale renouvelée avec le Mexique.
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