Les élections aux Pays-Bas pèseront sur la résolution de crise en zone euro
Dans moins d’une semaine, les Néerlandais devront se rendre aux urnes pour choisir leur gouvernement. Ce dernier aura la lourde tâche de répondre à la Commission qui exige que le déficit budgétaire du pays, encore noté AAA, soit ramené sous la barre des 3% du PIB en 2013. Le dernier gouvernement de Mark Rutte avait dû démissionner en avril dernier quand l’un de ses alliés, le Parti pour la Liberté (PVV) de Geert Wilders, avait refusé de souscrire aux mesures de rigueur et claqué la porte.
Les analystes restent très prudents sur les débouchés du suffrage du 12 septembre. Le parti socialiste, réticent face aux mesures d’austérité et aux plans de sauvetage européens successifs, semblait tenir la corde mais il a perdu du terrain dans les sondages. Quoi qu’il en soit, tous soulignent qu’il devrait être difficile de former une nouvelle coalition gouvernementale, compte tenu de la fragmentation politique. Lors des élections de 2010, il avait fallu 125 jours de négociations pour qu’émerge un nouvel exécutif. «Le marché des obligations néerlandaises pourrait être volatil pendant plusieurs mois», écrit François Cabau, chez Barclays.
«Si des décisions importantes devaient être prises à l’unanimité des Etats membres de la zone euro (sur une aide du FESF ou sur l’union bancaire), l’absence d’un gouvernement aux Pays-Bas pourrait compliquer la situation et ralentir le processus de décision», souligne Mark Wall, économiste chez Deutsche Bank. Avant même que le nouveau gouvernement soit formé, le budget 2013, contenant les mesures d’austérité discutées en juillet, sera présenté au parlement, par l’exécutif de transition, le 18 septembre.
Reste à savoir si le budget finalement voté ramènera bien le déficit en deçà des 3% du PIB l’année prochaine, comme promis à Bruxelles. Cet objectif aurait déjà dû être atteint en 2012 mais la croissance du pays a été plus faible que prévu. Pour l’économiste de Deutsche Bank, comme pour son confrère de Barclays, «il est probable que la Commission accepte que les Pays-Bas aient un an de plus pour atteindre la barre des 3% (contre 4,3% attendu en 2012) si la croissance est bien pire que prévu».
En avril, le pays, très dépendant de la santé économique de ses voisins, pariait sur une contraction du PIB de 0,75% cette année, puis une croissance de 1,25% en 2013 et 1,5% en 2014. Le Fonds monétaire international table lui, sur une croissance en recul de 0,5% en 2012 et légèrement dans le vert en 2013, à 0,8%.
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