Les élections américaines ne devraient pas infléchir la politique économique
Plusieurs économistes estiment que le scrutin de mi-mandat d’aujourd’hui ne permettra pas de lever les blocages politiques actuels.
Publié le
Solenn Poullennec
Economistes et analystes n’attendent pas de bouleversement des élections de mi-mandat qui se tiennent aujourd’hui aux Etats-Unis. Aux yeux de beaucoup, elles ne permettront pas d’en finir avec le blocage politique actuel. «L’élection aura peu d’impact sur l’économie et nous n’attendons pas de percée législative dans les deux prochaines années», explique Ethan Harris, économiste chez Bank of America Merrill Lynch.
L’élection de mi-mandat est l’occasion de renouveler la chambre des représentants et un tiers des sièges au Sénat. Alors que les républicains sont déjà majoritaires à la chambre des représentants, ils pourraient gagner le contrôle du Sénat à l’issue du scrutin.
«En cas de victoire des républicains au Sénat, une plus grande fluidité des échanges entre les deux chambres est envisageable avec en conséquence une probabilité accrue de voir émerger des projets de loi», estiment les économistes de Natixis. Ils s’empressent cependant de relativiser: «Cette fenêtre d’opportunités sera néanmoins de courte durée et limitée». Les républicains ne devraient pas obtenir au Sénat une super majorité de 60 sièges qui permettrait de faire passer sans difficultés des lois et le président Barack Obama conserve un droit de veto. L’élection présidentielle de 2016 devrait de nouveau attiser les tensions politiques et empêcher les compromis.
En revanche, les économistes de Natixis estiment qu’une victoire des républicains pourrait avoir un «impact légèrement positif» pour la gestion l’année prochaine des problématiques du plafond de la dette et du budget 2016: «En vue des élections présidentielles, les républicains n’ont aucun intérêt à faire vivre un nouveau ‘shutdown’ au pays, le dernier ayant eu un impact négatif sur l’image du parti». Faute d’accord politique sur le budget, des administrations avaient dû fermer au début de l’automne dernier.
Parmi les sujets qui pourraient préoccuper les nouveaux élus figure la réforme du système de taxation des entreprises alors que les projets de fusion d’entreprises étrangères et d’entreprises américaines pour des raisons fiscales se sont multipliés. Il est peu probable pour Natixis et pour Bank of America Merrill Lynch que l’issue des élections favorise le vote d’une réforme. Les analystes actions de Deutsche Bank estiment cependant que si les républicains, victorieux, en faisaient une priorité, cela pourrait profiter à la Bourse.
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