Les électeurs américains reconduisent Barack Obama à la Maison blanche
Barack Obama entre dans l’Histoire, mais n’aura pas tâche aisée. Si rien n'était encore officiel ce matin, nombre d’Etats n’ayant pas encore dépouillé tous les votes, sa victoire dans des Etats clés tels que l’Ohio garantissent au président sortant de dépasser la barre des 270 grands électeurs nécessaire pour remporter le scrutin. Une élection qui permet d'écarter tout scénario d’un resserrement de la politique monétaire ultra-accommodante pratiquée par la Fed. De quoi permettre «une nette détente sur les taux, une hausse de l’or, un marché actions globalement stable et une pression à la baisse sur le dollar», estime Citigroup.
Le premier défi à relever par Barack Obama est le taux de chômage élevé. Les chiffres publiés hier montrent que les offres de postes ont baissé de 100.000 pour tomber à 3,56 millions au mois de septembre, leur plus bas niveau depuis avril dernier. «Nous sommes confrontés à un très faible rythme de créations d’emplois», estime Michelle Girard, économiste chez RBS Securities. Et d’expliquer que «l'économie croît, mais trop lentement. Les entreprises ont besoin de plus de clarté sur leurs perspectives avant d’envisager d’accélérer leur rythme d’embauches». Or, le risque de «mur budgétaire» qui se dresse devant le nouveau président n’est pas de nature à les rassurer.
D’autant que le Congrès devrait rester divisé entre d’un côté un Sénat aux mains des démocrates, et de l’autre une Chambre des représentants sous domination républicaine. Une configuration qui signifie que Barack Obama devra à nouveau composer au moins jusqu’aux élections de mi-mandat, soit deux années supplémentaires, avec un Congrès ayant pouvoir de nuisance. Dans ce contexte, «les tractations sur le « fiscal cliff » vont demeurer difficiles d’autant que le Congrès actuel restera en place jusqu’au 3 janvier et qu’il faudra trouver un accord courant janvier avant notamment que les exemptions d’impôts ne soient appliquées automatiquement sur les salaires à la source» estime Natixis. A ceci s’ajoute qu’un nouveau plafond de la dette doit être bientôt négocié.
Or, jusqu’à présent le risque de « fiscal cliff » semble avoir été sous-estimé par les marchés. Les ménages, qui seraient les premiers touchés avec un impact très négatif sur leur pouvoir d’achat au début 2013, semblent écarter un tel risque comme en témoigne l’indice de confiance du Michigan qui observe même une nette amélioration de leurs anticipations sur les perspectives de revenu.
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