Les efforts supplémentaires de la Grèce ne seront pas suffisants
La consultation des oracles grecs laisse les marchés avec une réponse sibylline. Le gouvernement grec de George Papandréou a confirmé hier que le pays ne sera pas en mesure d’atteindre ses objectifs budgétaires. Selon les chiffres du ministère des finances, le déficit devrait atteindre 8,5% du PIB cette année (soit 18,69 milliards d’euros), contre un objectif de 7,6% réclamé par l’UE et le FMI. «Il reste trois mois décisifs pour terminer l’année 2011, et l’estimation finale d’un déficit de 8,5% du PIB peut être réalisée si les mécanismes d’Etat et si les citoyens répondent présents» a indiqué le ministre des finances, Evangelos Venizelos.
Le gouvernement grec a également approuvé hier 6,6 milliards d’euros de coupes supplémentaires destinées à ramener le déficit à 6,8% du PIB en 2012. 30.000 emplois publics seront transférés dans une section spéciale à salaires réduits de 40%, le montant des retraites sera réduit, 65 entités publiques seront soit fermées soit fusionnées, le seuil d’impôt sur les revenus sera baissé, les jeux en ligne seront légalisés et imposés et 50 milliards d’actifs publics seront cédés, dont Hellenic Postbank. Un effort douloureux pour un budget qui induit une contraction du PIB de 5,5% cette année et de 2,0 à 2,5% en 2012, mais insuffisant pour atteindre l’objectif de 6,5% fixé par la troïka. «Compte tenu de l’ampleur des mesures prises… la sixième tranche est assurée» aurait indiqué Evangelos Venizelos. De quoi faire reculer l’euro à un plus bas de 8 mois, de 1,3322 contre dollar.
Les investisseurs craignent la contagion d’un défaut grec. Le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a néanmoins exclu une contribution de Berlin allant au-delà des 211 milliards approuvés en fin de semaine dans le cadre de l'élargissement du FESF. Dans le même temps, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a estimé ce matin peu réaliste un renflouement du FESF plus important que ce qui a été décidé le 21 juillet, sans pour autant rejeter l’idée d’un levier pour lui donner une plus grande capacité d’intervention.
Afin d’éviter que les maillons faibles ne tombent dans une spirale récessionniste, les ministres des finances européens prévoiraient de discuter cette semaine, selon le Wall Street Journal, de laisser les Etats dont les finances publiques sont les plus solides (Allemagne, Pays-Bas, Suède, Finlande et Luxembourg) mener des politiques de relance budgétaire.
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