Les effets indésirables du QE sur les inégalités
Voilà de quoi alimenter la littérature sur les effets indésirables du Quantitative Easing sur les Etats. Selon une étude publiée par Standard and Poor’s, les politiques d’assouplissement quantitatif mises en place après la crise de 2008 auraient certes atténué l’ampleur du ralentissement et permis une reprise là où elles ont été mises en place. Mais elles auraient dans le même temps aggravé les inégalités de richesses dans ces mêmes régions.
L'étude de S&P prend l’exemple de la Grande-Bretagne dans son analyse. «La politique monétaire de la banque d’Angleterre a soulagé l’impact de la crise financière de 2009 et aidé au rétablissement de l'économie», souligne l’enquête. «Mais ses effets secondaires ont amplifié les inégalités de richesses, principalement en augmentant le prix des actifs et des biens immobiliers».
Les 10% les plus riches ont ainsi vu la part de leur richesse dans la richesse globale gonfler de 56% en 2008 à 65% en 2014. Problème : S&P juge que les écarts de richesses trop élevés peuvent empêcher la croissance de repartir à la hausse sur le long terme.
Cette critique des effets secondaires des QE fait écho à la récente charge du chef économiste de Natixis Patrick Artus. Dans son ouvrage La folie des banques centrales, il s’inquiète de la probabilité d’une nouvelle crise financière encore plus dure que celle de 2007. Ses causes : la formation de bulles à travers le gonflement du prix des actifs sous l’effet du rachat massif de titres de la BCE, et l'écrasement des primes sur les actifs risqués.
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