Les effets des Abenomics sur le niveau d’inflation au Japon se font attendre

La BoJ a une nouvelle fois maintenu le statu quo en pleines négociations salariales annuelles cruciales pour atteindre son objectif d’inflation.
Patrick Aussannaire

Si la réunion de la Banque du Japon (BoJ) hier a abouti sans surprise au maintien de son rythme de rachats d’actifs à 80.000 milliards de yens par an, elle s’inscrit en pleine période de négociations salariales annuelles au Japon, cruciales pour atteindre l’objectif d’un retour à une inflation à 2% d’ici la fin de l’année. L’effet bénéfique de la chute du yen ces deux dernières années sur les profits, ainsi que la récente chute des prix du pétrole et la reprise économique qui semble se dessiner après la récession technique qui a suivi la hausse du taux de TVA, pourrait enfin cette année permettre d’ajuster les salaires fixes à la hausse.

«Les négociations, si elles ne concernent directement que 10% de la population active, sont un bon indicateur des conditions d’emploi et de profits qui donne le la pour tous les salariés, et pourrait avoir une influence sur d’autres facteurs tels que la confiance des consommateurs, la propension à consommer et les anticipations d’inflation», explique Barclays. Toyota a symboliquement accordé sa plus forte augmentation depuis 13 ans de 3,2%, avec une hausse du salaire mensuel de base de 4.000 yens (30 euros). Barclays anticipe des négociations aboutissant à une hausse de salaires de 2,35%, après 2,19% en 2014.

«Les PME ne devraient pas suivre les grandes entreprises encore cette année, mais si la reprise économique se confirme et que l’effet des annulations de hausse de TVA s’avèrent plus positif que prévu sur l’activité, nombre de PME augmenteront les salaires dès l’an prochain afin d’attirer des employés plus qualifiés dans un contexte de taux de chômage déjà à son niveau de plein emploi», estime Citigroup. Si le rythme de hausse des salaires de base a atteint 0,8% sur un an en janvier, au plus haut depuis quinze ans, il reste encore loin de l’objectif de 2% visé par la BoJ.

L’inflation hors prix alimentaires et énergétiques a chuté à 0,3% en janvier après avoir atteint 0,7% en février 2014. La BoJ estime désormais que l’inflation sous-jacente hors effets de la hausse de TVA se situe entre 0 et 0,5% et devrait être nulle cette année du fait de la chute des prix énergétiques. «La BoJ n’ayant plus que moins d’un an pour atteindre son objectif d’inflation à 2%, le retour anticipé de l’inflation en territoire négatif rend sa tâche compliquée», rappelle CA CIB qui anticipe un nouvel assouplissement de la BoJ avec un décalage de son objectif.

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