Les économies européennes attendent sereinement le verdict des agences
Les agences de notation avancent à visage ouvert. Dans le cadre des nouvelles règles imposées par l’Union, les pays européens attendent chaque semaine, entre la fermeture des places boursières le vendredi et l’heure qui précède leur réouverture lundi, les évolutions de leurs notes. Le calendrier des revues de notations des dettes souveraines européennes que les agences ont rendu public en début d’année, indique que la France et le Royaume-Uni connaîtront à partir de ce soir le sort que leur réserve Moody’s, et l’Allemagne le verdict de Fitch.
Les agences bénéficient d’une petite marge de manœuvre, avec la possibilité d’émettre trois notations non sollicitées par an.
A court terme, la décision sur la France est la plus attendue car si S&P et Fitch ont une perspective stable sur les notes AA et AA+ attribuées au pays, Moody’s a mis sa note Aa1 sous perspective négative depuis février 2012. «Notre modèle de notation place la France dans le bas de la catégorie AA. Le risque d’une dégradation reste donc élevé», estime ING. Fitch estime la dette publique française à 93,7% du PIB du pays fin 2013, soit «plus du double de la dette moyenne des pays notés AA». Pourtant, l’impact d’un abaissement sur les spreads français serait limité, «les investisseurs étant toujours à la recherche de rendements», estime Natixis.
«Sur la périphérie, toutes les dettes sont concernées avec une amélioration progressive des ratings, qui sera toutefois beaucoup plus lente que la normalisation des spreads sur l’obligataire», ajoute Natixis. Le 14 février, on suivra ainsi la décision de Moody’s sur la note Baa2 sous perspective négative de l’Italie, et la semaine suivante sur celle de l’Espagne, à Baa3 avec une perspective stable. Depuis fin décembre, les spreads contre le Bund allemand des taux à 10 ans des deux pays se sont resserrés de 24 pb pour l’Espagne et 13 pb pour l’Italie.
Moody’s a repoussé le 10 janvier sa décision sur la note du Portugal, de Ba3, et S&P a confirmé son BB sous perspective négative. «Les ajustements positifs auront potentiellement davantage d’impact, notamment pour le Portugal si nous avons un retour en catégorie investissement», estime Natixis. Les prochaines décisions de Moody’s et S&P sur le pays sont toutes deux attendues le 9 mai. Le relèvement de la note de l’Irlande par S&P il y a une semaine a entraîné une chute du taux irlandais à 10 ans de 20 pb à 3,23%.
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