Les économies émergentes deviennent plus sensibles aux conditions financières mondiales
Les marchés émergents font face à un nouvel écueil. Selon le dernier rapport de stabilité financière du Fonds monétaire international, l’attitude des investisseurs internationaux les met en situation de fragilité. En quête de rendement pour compenser un environnement de taux bas dans les pays avancés, ces investisseurs profitent de l’approfondissement des marchés financiers au sein de ces économies. Une situation dans laquelle les flux de portefeuilles obligataires jouent un rôle important.
«Le comportement grégaire des fonds communs de placement internationaux se poursuit, et lors de crises, les investisseurs ne semblent plus faire autant que par le passé de différenciation parmi les marchés émergents en fonction des fondamentaux macroéconomiques», note l’institution de Washington. Quant aux investisseurs institutionnels, ils sont enclins à se retirer plus fortement et plus durablement face à un choc extrême.
Dans ces conditions, les économies émergentes deviennent de plus en plus sensibles aux conditions financières mondiales. Cet élément peut d’ailleurs jouer dans un sens positif. Dans ses prévisions économiques de printemps, le FMI estime ainsi qu’une hausse inopinée d’un point de pourcentage du PIB américain entraîne un impact positif sur la croissance des marchés émergents à hauteur de 0,3 point de pourcentage.
«L’instabilité durable des flux de portefeuille vers les marchés émergents souligne l’importance des mécanismes d’assurance, estime le FMI. Etant donné que les marchés émergents restent exposés aux hauts et aux bas des marchés de capitaux internationaux, compter sur une assurance via un accès aux lignes de crédit bilatérales et multilatérales ou à des réserves internationales adéquates demeure crucial pour beaucoup d’entre eux».
L’un des moyens de contrer cette instabilité passerait également par le développement d’une base d’investisseurs locaux sur ces marchés émergents, ajoute le FMI. «Une base d’investisseurs domestiques plus large peut empêcher les prix d’aller trop haut ou trop bas en réponse à des ventes ou à des achats par des étrangers qui sont aiguillés par des facteurs externes», relève le Fonds. Un facteur de stabilisation qui nécessite à la fois du temps et des réformes institutionnelles.
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