Les économies émergentes attirent les investissements internationaux
Les investissements internationaux changent de cap. Selon le rapport de la Cnuced publié hier, les investissements directs étrangers (IDE) ont reculé de 8% l’an dernier à 1.260 milliards de dollars. Il s’agit du deuxième plus faible montant depuis le point bas de 2009 (1.170 milliards), et reste inférieur de 52% à ceux de 2007, et de 28% à ceux de 2011.
«Les flux ont été lourdement influencés par l’incertitude économique et les risques géopolitiques, ainsi que par le méga programme de rachats d’actions de 130 milliards de dollars de Verizon (Etats-Unis) sur Vodafone (Royaume-Uni)», explique le rapport.
Les IDE vers les pays développés ont reculé de 14% à 511 milliards de dollars en 2014, avec une chute à 86 milliards aux Etats-Unis. Soit seulement environ un tiers des niveaux enregistrés en 2013 dans le pays, en raison de la baisse de la contribution des opérations de fusions-acquisitions (M&A) transnationales de 60 milliards en 2013 à 10 milliards en 2014. Les IDE au Royaume-Uni ont quant à eux bénéficié du réinvestissement des résultats et des opérations de M&A pour atteindre 61 milliards.
Si les flux étrangers vers l’Union européenne ont rebondi de 13% à 267 milliards, leur niveau reste néanmoins trois fois moins important que leur plus haut atteint en 2007. L’Allemagne et la France ont notamment tous deux vus leurs flux d’investissements nets passer en territoire négatif à respectivement -2,1 milliards et -6,9 milliards. En Allemagne, ce mouvement est dû «aux variations dans les flux de prêts intra-sociétés, alors qu’en France s’est ajouté le remboursement de prêts aux sociétés mères (Nestlé a cédé sa participation de 8% dans L’Oréal pour 9 milliards de dollars)», explique la Cnuced.
Dans le même temps, avec 128 milliards de dollars de flux nets entrants, la Chine est devenue en 2014 le pays le plus prisé en termes d’investissements étrangers, porté par le secteur des services. Avec une hausse de 46% à 111 milliards, Hong Kong se place en outre au second rang, alors qu’ils ont également progressé de 26% à 35 milliards en Inde. Au total, le continent asiatique accapare ainsi trois des cinq premières places, les Etats-Unis rétrogradant au troisième rang et le Brésil étant cinquième avec 62 milliards d’IDE l’an dernier.
L’Asie émergente domine les débats avec 492 milliards de dollars d’IDE, devant l’Europe avec 305 milliards, puis l’Amérique latine avec 153 milliards et l’Amérique du Nord avec 139 milliards.
Plus d'articles du même thème
-
Les assureurs se préparent à un été très chaud
Face à l’accroissement de la sinistralité climatique d’année en année, la solidité financière des assureurs est-elle suffisante pour permettre au secteur d’absorber un choc extrême ? C’est ce qu’ont voulu mesurer les analystes de S&P en modélisant les effets d’un événement extrême. L’arrivée d’un super El Niño cet été pourrait concrétiser certaines projections. -
La Bourse américaine plie sous le poids de la tech
Le rebond du Nasdaq a fait long feu. Mardi, l’indice à forte composante technologique a accusé une nouvelle chute, après celle de plus de 4% vendredi, la pire depuis avril 2025. L’euphorie sur le secteur des semi-conducteurs atteint ses limites mais la tech est aussi vulnérable aux taux. -
Les méga-IPO hypnotisent Wall Street
Alors que SpaceX sera coté à partir de vendredi 12 juin à Wall Street, et qu’Anthropic et OpenAI ont officialisé leurs projets de cotation, ces introductions en Bourse géantes soulèvent de nombreuses questions, tant sur les performances à venir que leur impact sur le marché. -
Safran renforce sa présence dans l’industrie allemande de la défense
Le groupe français va investir 50 millions d’euros dans une nouvelle usine de fabrication d’équipements électroniques à Ludwigsburg, près de Stuttgart. -
Carmignac recrute Frédéric Jeanmaire pour muscler sa gestion actions
Le gestionnaire indépendant renforce sa présence à Londres et prépare un nouveau fonds européen. -
La Banque d’Indonésie relève ses taux pour défendre la roupie et sa crédibilité
Cette décision inattendue est plutôt bien perçue, car elle renforce l’image volontariste de la banque centrale qui pourrait choisir de poursuivre cette politique restrictive. Toutefois, cette seule mesure peut s'avérer insuffisante pour stabiliser durablement la devise.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- RockFi s'appuie sur BlackRock pour démocratiser la personnalisation du conseil
- Amundi compte une nouvelle administratrice indépendante
Contenu de nos partenaires
-
Seul en scèneAffaire Lyhanna : Gérald Darmanin peut-il tenir ?
Sur la sellette depuis une semaine, le garde des Sceaux campe sur sa ligne de défense, pointant les responsabilités individuelles dans cet échec judiciaire. Mais la pression va crescendo, à la mesure de la colère des Français -
Comparaisons n'est pas (toujours) raisonJustice : le manque de moyens a bon dos
EN CHIFFRES. Malgré une hausse notable des crédits et des effectifs sous Emmanuel Macron, la justice française peine à rattraper son retard numérique et reste à la traîne en nombre de magistrats face à ses voisins européens -
StatistiqueDates de la présidentielle 2027 : Emmanuel Macron n'est pas encore en retard
Les Français voteront-ils le 11 avril et le 25 avril 2027 ? Ou bien le 18 avril et le 2 mai ? Emmanuel Macron n'a pas encore tranché, mais certains de ses prédécesseurs ont pris plus de temps que lui