Les économies émergentes attirent les investissements internationaux
La Chine est devenue la première destination des flux étrangers l’an dernier avec 128 milliards de dollars nets entrants.
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Patrick Aussannaire
Les investissements internationaux changent de cap. Selon le rapport de la Cnuced publié hier, les investissements directs étrangers (IDE) ont reculé de 8% l’an dernier à 1.260 milliards de dollars. Il s’agit du deuxième plus faible montant depuis le point bas de 2009 (1.170 milliards), et reste inférieur de 52% à ceux de 2007, et de 28% à ceux de 2011.
«Les flux ont été lourdement influencés par l’incertitude économique et les risques géopolitiques, ainsi que par le méga programme de rachats d’actions de 130 milliards de dollars de Verizon (Etats-Unis) sur Vodafone (Royaume-Uni)», explique le rapport.
Les IDE vers les pays développés ont reculé de 14% à 511 milliards de dollars en 2014, avec une chute à 86 milliards aux Etats-Unis. Soit seulement environ un tiers des niveaux enregistrés en 2013 dans le pays, en raison de la baisse de la contribution des opérations de fusions-acquisitions (M&A) transnationales de 60 milliards en 2013 à 10 milliards en 2014. Les IDE au Royaume-Uni ont quant à eux bénéficié du réinvestissement des résultats et des opérations de M&A pour atteindre 61 milliards.
Si les flux étrangers vers l’Union européenne ont rebondi de 13% à 267 milliards, leur niveau reste néanmoins trois fois moins important que leur plus haut atteint en 2007. L’Allemagne et la France ont notamment tous deux vus leurs flux d’investissements nets passer en territoire négatif à respectivement -2,1 milliards et -6,9 milliards. En Allemagne, ce mouvement est dû «aux variations dans les flux de prêts intra-sociétés, alors qu’en France s’est ajouté le remboursement de prêts aux sociétés mères (Nestlé a cédé sa participation de 8% dans L’Oréal pour 9 milliards de dollars)», explique la Cnuced.
Dans le même temps, avec 128 milliards de dollars de flux nets entrants, la Chine est devenue en 2014 le pays le plus prisé en termes d’investissements étrangers, porté par le secteur des services. Avec une hausse de 46% à 111 milliards, Hong Kong se place en outre au second rang, alors qu’ils ont également progressé de 26% à 35 milliards en Inde. Au total, le continent asiatique accapare ainsi trois des cinq premières places, les Etats-Unis rétrogradant au troisième rang et le Brésil étant cinquième avec 62 milliards d’IDE l’an dernier.
L’Asie émergente domine les débats avec 492 milliards de dollars d’IDE, devant l’Europe avec 305 milliards, puis l’Amérique latine avec 153 milliards et l’Amérique du Nord avec 139 milliards.
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