Les échanges de dettes bancaires offrent une porte de sortie aux investisseurs

Peu attractives, les opérations de BNP Paribas et Société Générale apportent cependant de la liquidité sur un marché quasiment gelé
Violaine Le Gall

Santander n’a pas fait recette avec son offre d'échange de dettes qui s’est terminée la semaine dernière. La banque espagnole, qui proposait de la dette senior en remplacement de titres lower tier 2 (LT2), n’a finalement échangé que 24% des titres offerts. «Les termes de l'échange n'étaient pas du tout intéressants pour les investisseurs», estime François Lavier, analyste gérant chez Lazard Frères Gestion. La dette senior offerte affiche un spread très inférieur à celui sur le marché secondaire. En recadrant sa politique de call sur l’intérêt économique, et non sur celui des investisseurs, elle a clairement refroidi les investisseurs.

Ils devaient mieux accueillir les échanges en cours proposés par BNP Paribas et la Société Générale pour qui ces opérations doivent permettre de répondre en partie aux exigences de recapitalisation fixées par l’Autorité bancaire européenne fin octobre. BNP Paribas échange des obligations hybrides contre de la dette senior et propose de racheter des titres tier one avec une légère prime pour 72,5% à 74% du pair.

La Société Générale propose de reprendre des titres tier one pour 56% à 80% du pair, pour un montant maximum de 900 millions d’euros. «Les banques profitent de la baisse du prix des dettes subordonnées», observe Anne-Charlotte Com, analyste crédit financières chez Aurel ETC Pollak. L’indice iBoxx sur la dette subordonnée bancaire en euro s’est tendu de 237 points de base (pb) à 880 pb depuis que l’Autorité bancaire européenne a contraint les banques à se recapitaliser le 27 octobre dernier. «Les prix des offres ne sont pas très attractifs», ajoute-t-elle.

Les investisseurs choisiront de participer ou non aux offres selon leurs propres contraintes. Le taux de participation est donc difficile à anticiper. «Compte tenu de la volatilité des prix, les investisseurs qui craignent une nouvelle détérioration du marché vont apporter leurs titres en échange de cash», explique Anne-Charlotte Com. «Les investisseurs opportunistes et ceux ayant des contraintes de liquidités devraient aussi apporter leurs titres, ajoute François Lavier. Ces offres constituent une source de liquidité».

Alors que les offres des banques françaises se terminent cette semaine, d’autres banques devraient suivre leur exemple compte tenu des exigences de l’Autorité bancaire européenne , telles que Commerzbank qui aurait un projet d'échange de dette contre des actions, et Banco Financiero y de Ahorros.

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