Les divergences entre les économies européennes s’accentuent
L’activité économique en zone euro a stagné sur les trois premiers mois de l’année après un repli de 0,3% au quatrième trimestre 2011, d’après Eurostat. «Ca aurait pu être pire, mais il y a peu de raisons de se réjouir», résume Martin van Vliet, économiste chez ING. L’Allemagne a continué de tirer l'économie européenne avec une croissance plus nette que prévu, de 0,5% au premier trimestre. Les exportations et la consommation privée y ont compensé le ralentissement des investissements. L’Italie et l’Espagne ont profité de ce dynamisme, affichant une hausse des exportations vers l’Allemagne de 11% et 4% sur un an respectivement.
Mais, en excluant la performance allemande, le PIB de la zone recule toutefois de 0,4%, souligne Bruno Cavalier, chef économiste d’Oddo Securities. La croissance est nulle en France. Le PIB se replie de 0,3% en Espagne et chute de 0,8% en Italie. James Nixon, économiste chez SG CIB décrit «une zone euro de plus en plus divergente avec un contraste de plus en plus fort entre les économies du Nord et celles du Sud». Les Pays-Bas font exception parmi les pays du Nord en enregistrant une baisse de 0,2% de la croissance.
Le reste de l’année ne s’annonce pas sous de meilleurs auspices. En Italie et en Espagne, les réductions de dépenses auront des effets plus marqués à partir du deuxième trimestre. Les derniers indicateurs avancés PMI signalaient d’ailleurs une contraction de l’activité en zone euro en avril. Il faudra attendre le second semestre pour «un retour graduel à une modeste croissance dans la zone euro», prédit l'économiste d’ING. Pour l’année 2012, le PIB de la zone est attendu en repli d’environ 0,3% par les économistes et la Commission européenne, après une progression de 1,5% en 2011. «Le risque d’un ‘credit crunch’ semble moins prégnant qu’il y a trois mois, la plupart des composantes du PIB restent sous pression et seul le commerce extérieur soutiendra l’activité», anticipent les économistes de Natixis.
Outre la question de la croissance, les membres de la zone euro sont confrontés un autre problème de taille, à savoir la disparité croissante des économies. «On sait que la divergence rend plus difficile le choix du bon policy-mix. A terme, la divergence au sein de la zone euro est antinomique avec l’idée même d’avoir des politiques uniques (monétaire) ou même seulement coordonnées (budgétaire)», prévient Bruno Cavalier.
Plus d'articles du même thème
-
La France creuse le sillon de la souveraineté dans les terres rares
Bâtir une société électrifiée nécessite un approvisionnement massif et sécurisé en terres rares et minéraux critiques. Le gouvernement a décidé de soutenir financièrement la production de ces matières premières, notamment en France, et d’assurer les débouchés de la filière auprès des secteurs qui les consomment. -
Les dettes subordonnées bancaires affichent une résistance plus structurelle aux crises
La conjonction des facteurs fondamentaux, liés à la solidité des banques, et des facteurs techniques, liés notamment à la bonne collecte globale du crédit, donne l’impression, à l’occasion de ce choc pétrolier, que les dettes subordonnées comme les AT1 ont globalement réduit leur biais «risqué» par rapport aux autres classes d’actifs. -
Emmanuel Moulin est proposé comme nouveau gouverneur de la Banque de France
L'Elysée a proposé le nom d'Emmanuel Moulin pour prendre la suite de François Villeroy de Galhau au poste de gouverneur de la Banque de France. L'Assemblée et le Sénat devront maintenant se prononcer sur ce projet de nomination. -
BPCE continue de surfer sur la marge nette d'intérêt
Le groupe bancaire mutualiste publie pour le premier trimestre 2026 un produit net bancaire de 6,8 milliards d'euros en hausse de 7% sur un an. La banque de proximité pavoise avec des revenus en hausse de 12% sur un an et une marge nette d'intérêts qui bondit de 30%, dopée par une nette progression des crédits distribués. -
Le Comptoir du Private Equity noue un partenariat avec GP-Score
La plateforme d'investissement dédiée au non-coté dans le small cap européen s'allie au spécialiste de l'évaluation des capacités opérationnelles des gérants de private equity pour l'aider dans le processus de sélection ainsi que pour les gérants déjà en portefeuille. -
Malgré la conjoncture, Axa ne dévie pas de sa trajectoire
Conforme aux attentes malgré un contexte macroéconomique toujours très volatil, le premier trimestre 2026 conforte Axa dans sa stratégie de croissance. L'assureur, qui aborde la dernière année de son plan, voit ses revenus augmenter de 6% depuis le début de l'exercice.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
- BNP Paribas collecte 15,7 milliards d'euros dans sa gestion d'actifs au premier trimestre 2026
- Les gestionnaires d'actifs trouvent dans la clientèle retail un relais de croissance majeur
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France