Les devises émergentes restent exposées au contexte mondial

Le rouble a encaissé la plus forte chute de l’univers émergent et a également entraîné avec lui les devises de ses voisins d’Europe de l’Est
Patrick Aussannaire
z18h9438-emergents-630x220.gif

Les devises émergentes n’auront pas passé un été calme. «Ce sont surtout les devises CEEMEA (Europe centrale et de l’Est, Moyen-Orient et Afrique) et, dans une moindre mesure, les devises d’Amérique Latine qui ont sousperformé sous l’effet de plusieurs facteurs dont le rebond du dollar face aux velléités de la Fed de durcir sa politique monétaire, le regain de tensions géopolitiques en Ukraine et en Israël, les craintes relatives au défaut sélectif de l’Argentine, la baisse continue du cours des matières premières et la dégradation des perspectives de croissance mondiale», explique Natixis.

Le rouble russe a affiché la plus mauvaise performance au sein de l’univers des émergents avec une dépréciation de 6,1% contre dollar depuis début juillet. La couronne tchèque a également chuté de 4,8%, le forint hongrois de 4,7%, le zloty polonais de 4,2%, et le leu roumain de 3,8%. BNP Paribas a abaissé ses prévisions de croissance pour la Pologne de 0,3 point cette année à 3% et de 0,8 point pour 2015 à 2,5% du fait de ses liens avec la Russie. Les pays d’Europe de l’Est font également face à des pressions déflationnistes qui ont notamment incité la Hongrie à abaisser ses taux.

Si le resserrement monétaire opéré en janvier en Turquie avait permis de renforcer la lire de 11% en quatre mois, les assouplissements monétaires consentis ensuite et qui devraient perdurer à la réunion de demain malgré une inflation persistante à 9,4% en juillet, l’ont fait replonger de 2,8% cet été et de 5,3% depuis mai.

En Amérique latine, c’est le peso chilien qui a le plus corrigé cet été de 5,2%, la deuxième plus mauvaise performance suite à la baisse des taux directeurs orchestrée pour remédier à la faiblesse de la croissance. Le real brésilien a quant à lui reculé de 2,8% sur fond de pause dans le cycle de durcissement monétaire et de perspectives de croissance atone, alors que le peso colombien reculait de 2,4% et le peso mexicain de 1,2%.

Le recul a néanmoins nettement été limité à 0,8% pour le won sud-coréen malgré une baisse surprise des taux directeurs, et à 0,5% et 0,4% depuis juillet pour le rand sud-africain et la roupie indienne. Le maintien d’une inflation à 6,3% a incité la banque centrale sud-africaine à durcir sa politique monétaire malgré la faiblesse de la croissance, ce qui a soutenu la devise. Le baht thaïlandais s’est même offert un rebond de 2,7%, alors que le ringgit malaisien, la roupie indonésienne et le renminbi chinois se renforçaient de respectivement 1,5%, 1,4% et 0,8%.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...