Les détails de l’aide européenne aux banques espagnoles se font attendre
Dans une lettre adressée a Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, le ministre espagnol de l’Economie Luis de Guindos a sollicité «formellement une assistance financière pour la recapitalisation des établissements financiers espagnols qui en ont besoin».
Cependant, on ne connait pas encore le montant exact de cette aide. Cent milliards d’euros ont été évoquée mais les deux audits réalisés par Roland Berger et Oliver Wyman chiffraient à seulement 62 milliards d’euros les besoins en capitaux des banques espagnols dans le pire des scénarios de crise; c’est à dire une récession avec une chute de 6,5% du PIB ces trois prochaines années.
Il faudra cependant attendre le 9 juillet la réunion de l’Eurogroupe pour connaître le montant du prêt, l’échéance, le taux d’intérêt ainsi que les conditions qui seront imposées à l’Espagne en contrepartie. Autre date clé dans ce calendrier: fin juillet, lorsque les sociétés d’audit Deloitte, KPMG, PwC et Ernst&Young rendront leurs rapports comptables pour connaître les besoins de chaque établissement financier.
Selon Jean-Claude Juncker, cette aide devrait transiter par le FESF, avant que le Mécanisme européen de stabilité (MES) prenne le relais. Ici, le calendrier semble jouer un rôle clé dans les négociations: si le FESF prête avant le MES, ce sont les normes du FESF qui primeront, un scénario qui selon Vicente Lage, analyste chez Cumbria, pourrait déplaire aux partenaires européens. «Certaines institutions financières possèdant de la dette espagnole comme le Brésil, le Mexique, l’Angleterre ou les Etats-Unis font pression pour que l’aide soit octroyée à travers le FESF alors que les bailleurs européens préfèrent le MES» en raison des garanties qu’il donne en cas de défaillance de l’état espagnol.
Selon El Pais, De Guindos souhaiterait que le prêt soit échelonné sur 15 ans à un taux d’intérêt situé entre 3% et 4% et qu’il soit octroyé à l’état espagnol à travers le Frob (Fonds de Restructuration Bancaire). Mais Miguel Angel Bernal, professeur d’économie à l’Institut d’Etudes Boursières (IEB) souligne qu’il faut stopper le système pernicieux «qui consiste à prendre en compte la dette de l’état avec celle des banques», en faisant appel à une aide du FMI.
Pour jeter de l’huile sur le feu, Moody’s a dégradé hier soir les notes de 28 banques espagnoles, dont celle de Santander qui passe de A3 à Baa2, celle de BBVA de A3 à Baa3 et celle de Bankia de Baa3 à Ba2, reléguée en catégorie spéculative.
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