Les dépôts soutiennent le secteur bancaire portugais
Le Portugal évite la fuite des dépôts observée en Grèce. Mais la récession entraîne une hausse des défauts sur les prêts
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Violaine Le Gall
Le rapport de stabilité financière de la Banque du Portugal apporte des éléments relativement rassurants sur le secteur bancaire du pays. Il montre en effet que les banques y sont dans une situation bien différente qu’en Grèce, en particulier grâce aux dépôts. «L’augmentation significative des ressources venant des clients, sous la forme de dépôts a permis d’améliorer la position de liquidité structurelle du système bancaire portugais», indique la Banque centrale dans son dernier rapport. Les banques domestiques, qui n’ont plus accès au marché international de la dette, en ont particulièrement profité.
Les dépôts des ménages ont représenté 7,1% du PIB en 2011. Ils étaient passés de 5,1% du PIB en 2008 à 7,9% en 2009, puis 7,5% en 2010. Ceux des entreprises ressortent à 4,9% en 2011, après 6,4% l’année précédente. A l’opposé, les dépôts s’effritent en Grèce depuis plusieurs années, ce qui fragilise le secteur bancaire. Les établissements du pays ont ainsi perdu 30% de leurs dépôts depuis 2010.
Cette bonne tenue des dépôts compense une situation toujours délicate pour les banques portugaises. La mauvaise conjoncture économique pèse en effet sur la sinistralité. Après un repli de 1,6% du PIB l’an dernier, l’activité devrait à nouveau se réduire de 3,3% d’après les dernières prévisions de la Commission européenne. «Le taux de défaut et le flux annuel de prêts en défaut ont atteint leur plus haut niveau depuis la création de l’euro», explique la Banque du Portugal. Les prêts aux ménages douteux ou en retard représentent 3% des crédits dans cette catégorie. Pour les prêts aux entreprises non financières, cette part grimpe à 6%. Tous les secteurs d’activité sont concernés. Les prêts à problèmes portent le plus souvent sur des montants faibles et accordés à de petites entreprises. L’institution d'émission s’attend à présent à une «intensification» de cette tendance au cours de cette année.
A fin décembre, le ratio core tier 1 moyen ressortait à 9,6% (et à 8,7% en incluant BPN), contre 8,7% en juin 2011. Le programme d’assistance de l’Union européenne et du FMI a fixé comme objectif un ratio CT1 à 9% à la fin de l’année.
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