Les créanciers privés discutent de leur implication dans la résolution de la crise grecque
De Francfort à Paris, en passant par Rome et Amsterdam, les réunions entre créanciers privés et gouvernements ont essaimé hier à travers la zone euro. Au menu de ces discussions : les modalités de la contribution volontaire de ces créanciers - dont les banques et les compagnies d’assurance - au deuxième plan d’aide à la Grèce. A Paris, un porte-parole de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA) a confirmé que son président, Bernard Spitz, s'était rendu hier à Bercy.
Une source citée par Reuters expliquait de son côté que ces consultations visent à «explorer les options prévues dans le communiqué des ministres des Finances de la zone euro du 20 juin sur la Grèce et qui concernaient l’implication du secteur privé, qui se fera sur une base volontaire sous la forme d’un rollover informel et volontaire des obligations grecques arrivant à maturité».
Outre-Rhin, un groupe de travail s’est également réuni à Francfort. Alors que Berlin a abandonné l’idée d’un allongement des maturités et renoncé à une décote forcée, les banques allemandes réclameraient des garanties de l’Etat en échange de leur maintien d’une exposition volontaire à la dette grecque. En Italie, les banques seraient prêtes à suivre des conditions en phase avec l’initiative de Vienne.
«En dehors des banques grecques, ce sont les banques françaises qui ont les expositions les plus importantes», rappelle Bernard de Longevialle, responsable de la notation des banques européennes de S&P. BNP Paribas détient pour 5 milliards d’euros de dette souveraine grecque, tandis que Société Générale et Crédit Agricole en possèdent respectivement pour 2,5 milliards et 600 millions d’euros. «Ce n’est pas de nature à remettre en question leur solvabilité», poursuit-il, en référence à un éventuel défaut. «L’impact direct est gérable et absorbable par leurs profits sans impact sur leurs fonds propres».
Pour minimiser les risques, c’est une solution concertée à laquelle veulent parvenir les partenaires européens. Les discussions vont se poursuivre et une évaluation sera faite le 3 juillet lors d’une réunion extraordinaire de l’Eurogroupe. La question du sauvetage financier de la Grèce ne devrait donc pas être à l’ordre du jour du Conseil européen qui se tient aujourd’hui et demain à Bruxelles.
Plus d'articles du même thème
-
« Les facteurs techniques et l’appétit des investisseurs plaident pour une position modérément surpondérée »
Bart aan de Toorn, gérant et membre du comité d'investissement de l'équipe crédit chez VLK IM -
«Nous anticipons une appréciation du yen d'ici à la fin de l'année»
Evelyn Herrmann, économiste Europe chez Bank of America -
«La hausse des taux de la BCE devrait être la seule pour 2026 et 2027»
Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche chez La Banque Postale AM -
Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
L’introduction hors norme sur le Nasdaq de SpaceX a attiré une demande plus de 4 fois supérieure à l’offre avec une hausse de près de 20% de l’action à la première cotation. D’autres méga-IPO vont inonder le marché, avec des airs de déjà-vu et un parfum de bulle spéculative. -
« La croissance des bénéfices dans l’UE devrait être inférieure au consensus »
Michele Morganti, stratégiste actions senior chez Generali Investments -
«Nous adoptons une neutralité de prudence plus que de conviction sur les actions»
Philippe Perrody, directeur de la gestion diversifiée et allocation d’actifs, actifs cotés chez Sienna.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
Contenu de nos partenaires
-
OPARaphaël Glucksmann : la gauche, c'est lui !
En meeting samedi, le cofondateur de Place publique a envoyé des messages d'amour aux socialistes. Il a besoin du soutien du PS pour devenir candidat à la présidentielle -
L'horizon s'assombritMatteo Salvini, le maillon faible de la coalition Meloni
La crise que traverse le chef de la Ligue, débordé par Roberto Vannacci et confronté à la fronde des élus du Nord, menace l’unité de la droite italienne en vue des législatives de 2027 -
Sur mesureG7 à Evian : ce que les Européens attendent de Donald Trump
Les alliés des Etats-Unis veulent profiter du sommet à Evian pour obtenir des avancées du président américain sur la guerre en Ukraine et une mission de déminage dans le détroit d'Ormuz. Mais rien ne garantit qu'il sera d'humeur généreuse